A toutes les victimes de la bêticide

A toutes les victimes de la bêticide

samedi 18 avril 2015

Y'a de quoi ce marais ! Daou

Scribes d'humeur, publiés partiellement dans la revue de l'association "Eau et rivières de Bretagne"

Roudourou pollué
Dessin de Nono
Les supporters de Guingamp ont découvert avec stupeur que la pelouse du Roudourou était partiellement grillée lors de la rencontre contre Dinan-Léhon (Télégramme du 07.01.15). D’après les premières informations,  avancées par la société chargée de l’entretien de la pelouse le glyphosate pourrait être à l’origine de cette pollution A quand une banderole « Round up non merci » dans les gradins du stade ?

« Je suis fier »
Le 15 septembre dernier, une centaine de légumiers incendiait le centre des impôts et les bâtiments de la MSA à Morlaix. Dans le Ouest France (23.09.14), Thierry Merret, représentant de la FDSEA 29, déclarait : « je suis fier ». Depuis les besogneux (sic), les précaires, et les petits retraités galèrent auprès du fisc pour obtenir des allègements d’impôt. Y’à de quoi être fier effectivement, le leader des bonnets rouges faisant lui aussi dans la légèreté pour obtenir gain de cause mais sans faire la queue au guichet.

Fauchage du sanglier
Les agriculteurs du Morbihan en ont ras-le-bol des sangliers. Ils l’ont fait savoir lors d’une opération escargot en presqu’île de Rhuys (Le Télégramme du 15.10.14). En effet, les sangliers sont accusés par les agriculteurs de saccager leur culture et demandent donc à réguler la population en les abattants en plus grand nombre. Par culture, il faut comprendre la culture nuisible du maïs. Faucher devient un acte de désherbage civique ; il faut soutenir le sanglier !

Le brocoli trop bio
A cause de la présence insignifiante d’un insecte, la noctuelle, 200 T de Brocolis en culture bio ont été détruites, contraints par les exigences industrielles de la Cerafel (Ouest France du 11.10.14). « Il faut que les consommateurs comprennent qu’un produit bio (…) est un produit naturel, avec ses défauts » explique un producteur. Pesticides ? Insectes ? L’expression « tête de chou » convient bien en la circonstance pour des personnes sans défauts.

Pugilat endémique
Hubert Coudurier fait une fixation sur Cécile Duflot. Il l’accuse cette fois-ci, dans son édito du 29 octobre 2014, de politiser la mort de Rémi Fraisse survenu à Civens. Pour autant, l’accusateur se fait défenseur quand il soutient la garde mobile car « ces évènements tragiques sont devenus la hantise des forces de l’ordre ». Persécuter les opposants au barrage par les insultes et les passages à tabac c’est faire preuve de modération pour le journaliste qui devrait, lui, arrêter de faire de la politique.

Cocorico !
Les représentants de la FDSEA d’Ille et Vilaine réclament que les collectivités locales s’approvisionnent davantage en poulet issu de leur élevage industriel pour la restauration scolaire (Ouest France Entreprise du 03.09.14). « Mangeons français » est leur slogan. Le patriotisme économique peut bien faire l’impasse sur la gastronomie française. « Mangeons de la merde » serait bien plus approprié.

La France à l’amende
Une nouvelle fois, la France a été condamnée par la cour européenne de justice pour ne pas avoir respecté les directives nitrates contre la dépollution des eaux. (Novethic du 09.09.14). Même si le montant de l’amende n’est pas connu, des estimations chiffrées avancent la somme de 2.5 Milliards d’euro, rien que pour les coûts de dommages liés aux excédents d’azote. Les agriculteurs devraient cesser de contester les mesures environnementales, plutôt en leur faveur, car qui qui va payer ?

Garde manger
Le chantier industriel éolien sur le polder de Brest devrait débuter en 2015. Sauf qu’au préalable, les autorités devront capturer et déménager une espèce protégée, le crapaud commun. L’une des solutions avancée est une migration vers les zones humides de Plougastel-Daoulas (le télégramme du 29 octobre). Ce batracien pourra profiter d’un garde manger conséquent avec l’escargot de Quimper. Les détracteurs du gastéropode ne pourront plus dire ensuite qu’il n’est pas à protéger.

Question d’intégrité
Les producteurs de tomates avaient fait grand tapage autour de la lutte intégrée pour éradiquer les nuisibles telle que la mouche blanche, l’aleurode. Hors en 2012, les productions de tomates ont perdu  en moyenne 30000 euro/ha à défaut de solutions efficaces (Direct légume). Les professionnels demandent  donc de « nouvelles autorisations de lutte ». Ils ne disent pas lesquelles mais il est fort à parier qu’ils évoquent les insecticides. A n’en pas douter des serristes attendront le feu vert pour les utiliser, question d’intégrité.

Un tabac
La MSA a mené conjointement avec l’Anses une enquête  liant les pratiques de l’agriculture pétrochimique aux cancers des utilisateurs (Ouest France du 30.10.14). Il en ressort que les pesticides ont bien une incidence sur la santé par l’apparition de cancers spécifiques. L’enquête soulève aussi que les agriculteurs ont des risques de maladies liées au tabac moins importants. Une aubaine en soi, il aurait pu être le parfait alibi pour les autres types de cancers.

Groinfunding
Le financement participatif ou crowfunding, fait son apparition dans le monde agricole (le Télégramme du 13.11.14). Soutenu par la Fnsea et les Jeunes Agriculteurs, le site participatif « Mimosa » entend répondre à l’abandon progressif des financeurs historiques que sont l’Etat et l’Europe. Les particuliers seront donc sollicités pour co-financer « 1000 projets à l’horizon 2017 ». Le groinfunding ou comment faire du lisier par une offrande des participants.

Bestialité
Un nouvel amendement devrait être introduit au code civil définissant l’animal comme un « être vivant et sensible » (Echos du 30.10.14). Les éleveurs de la Fnsea s’insurgent car ils y voient la porte ouverte à toutes sortes d’accusations remettant en cause leurs pratiques d’élevage. Après le rassemblement de protestation du 05 novembre à Nantes, où des agriculteurs ont sauvagement massacré des ragondins, ces mêmes éleveurs, si prompts à la bestialité, se montrent irréprochables en effet.

Inquiétude des bonnets rouges
Le comité léonard des bonnets rouges exprimait son inquiétude lors d’une réunion où participait une vingtaine de personnes, «L’agriculture ne va pas bien » estiment-ils (Ouest France du 08.11.14). La faute « aux règles trop contraignantes (…) qu’elles soient environnementales ou autres » avance leur porte parole Bruno Rosec. C’est vrai que la mondialisation et le libre échange total n’ont rien à voir là-dedans.

Impartial
Le bras de fer qui oppose des associations de défense de l’environnement contre le projet  de « l’usine des 1000 truies » à Trébrivan (22) a pris une tournure politique depuis septembre (Libération du 14.11.14). Contrairement aux jugements des tribunaux administratifs qui évoquent « des insuffisances d’études d’impact » autour de la protection des réserves en eau, la préfecture estime que les mesures prises par l’exploitant sont satisfaisantes. Les dernières déclarations d’Emmanuel Valls en faveur des agriculteurs productivistes n’ont évidemment pas pesé dans ces déclarations. Mr Le Préfet, respect pour votre impartialité !

Le Finistère sous arsenic
La sté Cargill a présenté un nouveau plan d’élimination des boues issues de son usine de traitement des algues de Lannilis (Le Télégramme du 05.11.14). Ce nouveau dispositif d’épandage des résidus prévoit de passer de 620 ha à 3600 ha sur tout le Finistère pour absorber la production de ces sous produits qui contiennent naturellement de l’arsenic. Il faudrait donc quintupler la surface pour éviter d’être épinglé par l’Autorité Environnementale. Et si le plan est retoqué par les communes ça fera lourd l’intoxication au m2 !

Ça sent le chou !
Le chou fleur ne serait plus en odeur de sainteté auprès des jeunes ménages (Ouest France du 11.12.14). Selon la responsable des achats de légumes pour le groupe Carrefour « Notre clientèle jeune et urbaine n’apprécie guère son odeur de cuisson ». La Cerafel chercherait à masquer les effluves du coupable. Des scientifiques planchent sur le sujet. Tant qu’à faire ils pourraient orienter leurs recherches sur les pertes gastriques liées à la consommation du chou. A tester en un milieu confiné bien sur.

Plan « légumes »
Stéphane Le Foll, Ministre de l’agriculture et porte parole de la FNSEA, annonçait fin septembre le lancement du plan « légumes ». De quoi s’agit-il ? Allégement des cotisations sociales pour les jeunes installés et attribution d’une enveloppe de 1.65 Millions d’euro pour 500 légumiers. Ce qui fait réagir Thierry Merret qui estime que ce n’est pas suffisant car la profession compte plus de 1000 producteurs, victimes des aléas du temps et de saisons calamiteuses. Le dérèglement climatique fait quand même des heureux.
  
Des gars des eaux
Des élus locaux et des représentants de la profession agricole mettent en cause les freins réglementaires à l'entretien des cours d'eau dans la survenance des inondations que connaît régulièrement le sud de la France (Actu environnement du 03.12.14). La police de l’eau, de son côté, rappelle que tout aménagement des rivières relève d’un régime de déclaration ou d’autorisation. Comme le proclament la Fnsea et des élus du Var, ce sont eux, avant tout, qui savent éviter des gars des eaux de l’Onema.

Rejet vert
La cour administrative d’appel de Nantes a débouté des organisations agricoles et le Ministère de l’écologie qui voulaient annuler le durcissement des programmes départementaux d’action nitrate (site Eaux et rivières de Bretagne, janvier 2015). Les magistrats pointent de façon argumentée toutes les insuffisances des programmes en matière de lutte contre les marées vertes. Eaux et Rivières de Bretagne se félicitent de cette décision de justice qui fera date. C’est en effet le premier rejet vert qui n’est pas de nature polluante.

Retrouvez cette rubrique sur www.eau-et-rivieres.asso.fr

2 commentaires:

  1. Toujours aussi brillant!

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  2. L'âme de dérision massive dans toute sa verte splendeur ! Bravo l'abeillaud !

    A propos d'abeilles, je viens de lire un article qui est plus qu'alarmant sur l'hécatombe accélérée des abeilles en ce printemps 2015 sur REPORTERRE, le quotidien de l'écologie :
    http://reporterre.net/En-ce-printemps-les-abeilles-de

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