A toutes les victimes de la bêticide

A toutes les victimes de la bêticide

vendredi 15 janvier 2016

Y'a de quoi ce marais ! Pemp

Scribes d'humeur, partiellement publiés dans la revue de Juillet d'Eau et rivières de Bretagne. Rubrique : l'écho des marais

Jacquerie
Près de 300 agriculteurs appartenant à des syndicats agricoles minoritaires ont bloqué l’accès au Space de Rennes, dès le jour d’ouverture (Le Télégramme, 16/09/15). Ce salon de l’élevage, crée par le syndicat majoritaire de la Fnsea, était l’endroit choisi par les manifestants pour dénoncer la vision ultra libérale de son président, Xavier Beulin. Le roi Beulin chahuté par des paysans, il y a de quoi se réjouir.

Jeux de mains
Deux accidents de chasse sont survenus en Ille-et-Vilaine rien que dans la seule journée du dimanche 20 septembre (Ouest France). Alors qu’un chasseur perdait son pouce en actionnant la gâchette de son fusil, une promeneuse à reçu du plomb dans la main. Le pire a peut-être été évité à Orgères où des plombs sont tombés dans un jardin, aire de jeux de quelques enfants. La gendarmerie appelle à la prudence en lançant la campagne « jeux de mains, jeux de vilains ».

Sable vert
Dessin de Nono
Conséquences de l’alliance de la chaleur aux précipitations, Fouesnant et le sud Finistère ont renoué avec la prolifération des algues vertes l’été dernier (Ouest France, 17/09/15). Plus de 10 cm d’algues vertes ont recouvert le sable blanc de « la roche percée » de beg-meil. Etant données les circonstances autant prendre l’habitude d’écrire le sable vert de « la roche percée ».


Rentrer dans le lard
Bigard, le numéro 1 de la viande française, a décidé de quitter le marché au porc de Plérin et de créer sa propre cotation (Ouest France, septembre 2015). Les réactions n’ont pas tardé. Paul Auffray, Fédération nationale porcine : « la guerre est déclarée ». Hervé Gaté, groupement de producteurs : « Ca reviendrait à tuer le marché de Plérin ». Philippe Bizien, Comité régional porcin breton : « les petits éleveurs seront les premières victimes ». Guerre, tuer, victimes : Bigard, c’est rentrer dans le lard !

Si c’est eux qui le disent
Deux poids lourds de l’agro-alimentaire, Fleury Michon et le groupe Avril  se sont engagés à présenter une « nouvelle marque d’excellence » dans le cochon (Ouest France, 17/09/15). Le fleuron du jambon prévoit d’acheter, via le groupe Avril, 2000 cochons par semaine,  nourris sans OGM et ni soignés aux antibiotiques. Donc le reste de la production porcine, soit 25 millions de porcs abattus en 2013, est bien nourrie aux OGM et la viande contient des traces d’antibiotique.

Châteaux de sable
La Compagnie armoricaine de navigation a obtenu l’autorisation d’extraire du sable coquillier au large de la baie de Lannion (Le Télégramme, 17/09/15).  Le texte, signé par le ministre de l’économie Emmanuel Macron, concédant à la CAN une zone de 4 km2, est attaqué de toutes parts. Le ministre peut rayer de sa carte comme destination de vacances les Côtes d’Armor pour y faire des châteaux de sable.

Le Fur et l’ADN
En campagne pour les élections régionales, le chef de file des Républicains, Marc Le Fur, précise sa vision de l’agriculture en Bretagne (Ouest France, 16/10/15) : « L’agriculture c’est plus qu’un secteur économique pour nous, c’est notre ADN ». Pour rappel, Marc Le Fur était de ceux, parmi les députés, qui avaient voté la loi pro-ogm d’avril 2008. Il fait certainement allusion à un ADN génétiquement modifié.

Le droit expliqué au maire
A l’initiative de l’association des maires du Finistère, un expert est venu leur détailler les enjeux de la loi Littoral (Ouest France, 16/10/15).  Le président, qui n’est autre que le maire de Plougastel-Daoulas, a émis un regret : « pourquoi un particulier qui fait un recours (…) et qui perd n’est jamais condamné ? ». Réponse du conseiller : « C’est le droit garanti par la constitution ». Dans la collection : «  comment expliquer la constitution pour les nuls ».

Nature à braconner
Fortement endettée, l’ONF envisage de vendre au privé et aux communes les forêts de moins de 150 ha (Ouest France 28/10/15). La crainte des syndicats : « On ouvre une boîte de Pandore ». « L’ONF c’est 40 % du bois commercialisé en France ». « Le remplacement de chênes ou d’hêtres par une seule espèce plus rentable comme le résineux ». Pire, c’est commencer à donner une valeur numéraire à la nature, nouveau marché des braconniers de la bourse.

Le Verger mal traité
L’entreprise Osmobio de Loudéac, fondée par Jacques Le Verger, tente de commercialiser un désherbant naturel (Le Télégramme 29/10/15) en lieu et place des herbicides. Sauf que le produit ne fait partie d’aucune classification : « La faute à nos autorités qui n’ont pas traduit en droit national la volonté de l’Europe de développer les produits dits de biocontrôle » explique Le Verger. Traiter un Verger comme ça c’est qu’il y a un ver dans le fruit.

Mauvaise figure
Depuis le 01 octobre, la société Gargill n’est plus autorisée à utiliser les alginates qu’elle produit sur son site de Lannilis pour fabriquer des crèmes de jour contrairement aux crèmes glacées (Ouest France 30/10/15). La raison : un risque de contamination élevé à cause de locaux mal entretenus. Des produits de beauté potentiellement dangereux ? Ca fait mauvaise figure quand même.

Label agro-écologique
Entre 2010 et 2013, les producteurs de tomates de Saveol ont illégalement utilisés des produits phytosanitaires (Le Télégramme 16/11/15). En quelle quantité ?
L’enquête a  révélé « qu’aucune infraction n’était de nature à présenter un risque pour la santé des consommateurs ». Et pour le personnel ? 
Discrètement, le tribunal a condamné la coopérative à 65000 euro d’amende. Un tel modèle de transparence mérite bien son label agro-écologique.

Produit en Bretagne ?
Une enquête de l’administration a prouvé qu’une entreprise apicole du centre Bretagne importait frauduleusement du miel du sud-ouest de la France. (Le Télégramme 20/11/15). Les pots de miel, explicitement d’origine bretonne, portaient également le logo de « Produit en Bretagne ».  Au-delà de la tromperie sur le contenu, l’adhésion à « Produit en Bretagne » laisse perplexe. En tout cas l’association a viré dare-dare l’adhérent.

Etre gauche
Le collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne » a indiqué qu’il soutiendrait des prévenus devant la justice, suite aux manifestations des bonnets rouges de 2013 (Le Télégramme 26/11/15). L’un d’entre eux avait eu la main droite arrachée par une grenade et son affaire n’est toujours pas jugée. « Les tribunaux se refilent la patate chaude ». C’est un peu gauche comme déclaration à la vue des circonstances.

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