A toutes les victimes de la bêticide

A toutes les victimes de la bêticide

samedi 23 septembre 2017

Dépotoir sauvage : allons au casse-pipe

Fréquemment soupçonnée d'exagérer l'état d'insalubrité dans laquelle se trouve la commune de Plougastel-Daoulas, l'association A Quoi Ca Serre démontre, une fois de plus, que cette commune est bien une décharge à ciel ouvert avec ce nouvel exemple : le dépotoir sauvage sur une ancienne ICPE (installation classée pour la protection de l'environnement).
Située à l'entrée du bourg de Plougastel-Daoulas, à quelques encablures de la 4 voies qui mène à Brest, aux abords de la voie romaine, l'ancienne casse a un tout autre visage aujourd'hui.
En lieu et place de l'empilement de voitures hors courses, s'amoncellent, dans l'indifférence générale, des tas de gravats en lien avec des chantiers du bâtiment et d'autres déchets encombrants. Qu'est ce qui pourrait venir décourager ces individus, dépourvus de scrupules, d'utiliser cette zone inerte comme  dépotoir ? Rien. Strictement rien. Au contraire, les milliers de m2 de surface de la casse et les pans de mur des locaux, encore debout, offrent une aire de stockage idéale pour entasser, dans une relative discrétion, les quelques m3 déversés par la benne d'une fourgonnette. D'ailleurs, l'accès à la friche est facilité par l'absence de clôture. Personne n'a trouvé opportun de placer un panneau d'interdiction de pénétrer. 
Alors que les ouvertures de casses sont soumises à la réglementation environnementale en lien avec le statut d'ICPE , tout au plus, on sait que lors d'une liquidation judiciaire,dans le cas ici présent depuis 2015 (http://www.procedurecollective.fr/fr/liquidation-judiciaire/1089427/eurl-plougastel-casse-jb-vourch.aspx), le liquidateur, désigné par un jugement du tribunal de commerce, doit remplir ses obligations au titre de l’article R. 512-39-1 du code de l’environnement. En l'occurrence, dans ce cas précis (voir photos), les obligations de remise en état du site n'ont pas été suivies d'effets définitifs (article L. 512-17 du Code de l’Environnement), incitant donc les gestes d'incivilité. Comme le mandat du liquidateur judiciaire prend fin à la date de la clôture liquidation, on peut se poser la question de savoir qui prend le relai dans le cas d'une procédure incomplète. Il est fort à parier que, si des pressions administratives (Etat, préfecture, commune) ne s’exercent pas, les responsabilités vont se diluer et faire, de cette ancienne installation, une décharge sauvage, accessible à tous. AQCS pourrait faire preuve de mansuétude vis à vis du maire de la commune, sensé garantir la salubrité publique et la sécurité d'autrui, s'il parvenait à interroger le liquidateur, dans les temps impartis aux obligations de dépollution du site.
Mais les multiples sollicitations d'AQCS auprès de la mairie, restées volontairement sans accusés de réception, font penser qu'une nouvelle fois, le maire ne sera pas à la hauteur de sa fonction. La décharge est une charge bien trop insignifiante pour un élu local, bien trop encombrante pour la reconnaissance sociale que procure la fonction de premier magistrat.


samedi 16 septembre 2017

"T'es cap ou pas Cap ?". Lanceurs d'alerte - Municipalités

Message adressé à des Plougastels. Appel à la mobilisation générale

En 2013, avec une dizaine de personnes, nous avions tenté, sans succès, de présenter un collectif pour les élections municipales de 2014, nommé "cap à gauche". 4 ans plus tard, le constat est doublement amer: la gauche est délitée et divisée et les "macronistes" locaux se mobilisent pour élire un suppôt de Richard Ferrand. 
Je ne reviendrai pas sur l'échec des représentants de la gauche lors des dernières municipales qui se sont éparpillés et affrontés sur 2 listes, entraînant, à la fois la réélection de Dominique Cap, mais surtout, l'affaiblissement des valeurs portées par cette seule gauche et qui fait de nos actions, des piliers pour plus de justice sociale et moins de dérives libérales (voir l'élection à la présidence d'un financier). 
Je ne prétends pas et je n'ai jamais prétendu avoir toutes les solutions pour favoriser l'émergence d'une pratique politique, hors des courants, juste, indépendante et désintéressée sur Plougastel. Je pense avant tout que la gestion communale peut être le foyer expérimental de nouvelles pratiques citoyennes, au plus près des habitants et avec les habitants, être un contre poids au Système et donc au pouvoir qui corrompt des objectifs initialement vertueux. 
Seulement voilà, si on ne retient que le sujet de l'assainissement sur Plougastel, il est vite conclu que, pour beaucoup, la solution de l'assainissement écologique peut rester dans les cartons. Or cet exemple illustre parfaitement l'absence de sobriété dans les dépenses (coût futur de l'émissaire pour la station d'épuration, inefficacité épinglée par l'Autorité environnementale), et de transparence dans les recettes (principe d'une taxe pour le pollueur-payeur, surtout si il est industriel). Il est temps de construire des actes encore réversibles, bénéfiques pour une communauté, autant dans son environnement proche que dans les autres aspects du quotidien.
Bousculer les idées reçues ? Voilà qui devrait vous plaire ? Ca va déplaire ? Tant mieux si ça provoque des réactions.
Il y a une dizaine d'années (j'étais alors président de l'APE de l'école de goarem gozh), l'élue en charge des affaires scolaires m'avait fait comprendre qu'il était impossible de généraliser le bio dans les menus des cantines scolaires. Je ne pensais pas, une décade plus tard, observer un phénomène de régression : le rationnement des aliments. C'est quoi l'argument avancé ? Restriction budgétaire, lutte contre le gaspillage alimentaire ? Non,  il s'agirait de combattre l'obésité... Les portions se limiteraient à 1 ou 2 radis en fonction de l'âge... Le cynisme nous pousserait à dire que le radis est un légume responsable du surpoids, certainement bio; en mettre davantage dans l'assiette coûterait trop cher !
Alors qu'ailleurs le bio fait recette, le cynisme ne serait-il pas plutôt de favoriser l'approvisionnement d'une entreprise agro-industrielle bien connue sur la commune ? Pour le coup, la proximité est un atout pour fournir de la merde à nos enfants et améliorer l'image commerciale de la boîte en question.... Je suis bien placé aujourd'hui pour vous annoncer que cette société, anonyme dans mon propos, somme ses adhérents de se mettre en conformité avec de meilleures pratiques environnementales, obligatoires, grâce à l'action d'A Quoi Ca Serre. Trop de mauvaise publicité pourrait nuire à une image, trop lisse et trop rondelette comme une tomate !
Je ne m'éloigne pas du sujet de départ, les élections municipales. Sincèrement, la désignation des têtes de liste relève d'une mystification, sommairement entretenue par des réunions de travail en commissions au sein d'"Ensemble à gauche". L'hypocrisie va jusqu'à nous faire croire que leur représentant sera désigné par ces pairs dans un grand étalement démocratique. Fumisterie. Je propose de mon côté, par exemple, que la tête de liste soit tirée au chapeau, parmi ceux et celles qui se verraient bien en haut de l'affiche ! On peut bien imaginer qu'une poignée de volontaires se sacrifie pour une telle fonction : premier magistrat ! Je n'y vois que des vertus homéopathiques contre la personnalisation de la vie politique et cela permettrait de se concentrer avant tout sur le programme, puisque la question de la représentativité serait déjà comprise et acceptée (cette règle pourrait être également reproduite pour BMO).
Bousculer les pratiques démocratiques, voilà qui devrait vous plaire ? Animation tournante du conseil municipal, mandat réduit dans le temps, rôle et place de l'opposition dans l'exécutif et les commissions, démocratie directe et numérique... Mais je suis certain que vous fourmillez d'idées sur le sujet.
Délégation, coopération, autogestion,... Ces mots n'auraient-ils plus de sens à trop vouloir laisser ces responsabilités à d'autres qui n'en feront pas un bon usage ? Ou qui les renieraient, jugés trop subversifs ? Qu'avons-nous à perdre ? Un peu plus de nous-mêmes ? Un peu plus et toujours plus de résignation et de découragement ? 
A titre personnel, et à l'heure actuelle, je n'exige aucunement que vous vous manifestiez pour organiser une fronde constructive (mais faites-le si ça vous parle). Par contre je vous connais à titre individuel et je pense pouvoir dire que nous nous sommes jamais manqués de respect et que chaque rencontre a toujours été un moment que je qualifierai d'amical. Je pense aussi que vous avez de quoi alimenter les débats, et activer des solutions concrètes.
Je vous propose donc, dans un premier temps de vous greffer à cette démarche, sans rendre forcément publique votre association, mais me permettre, quand même, d'annoncer, à travers un collectif "T'es cap ou pas Cap ?", que la fatalité n'est pas dans nos gènes. Qu'avons-nous donc à perdre à tenter le coup ? Soyons des lanceurs d'alerte pour le social, l'écologie et la culture et affirmons notre droit à la différence !
Je n'ai pas voulu être trop long mais je suis déjà trop long (sans évoquer les modes de transport, le littoral, le sport, l'économie sociale et solidaire locale, la gestion territoriale et l'habitat, la langue bretonne, l'alimentation, le tourisme vert et durable, l'agriculture bio, les services municipaux, ...).
Je serai franc avec vous, je considère que par définition la nature humaine est un problème. Si nous essayons d'agir dans le bon sens, je ne suis pas sur que de notre vivant nous voyons une modification profonde de cette nature. Mais à vouloir essayer nous aurions été en accord avec nous-mêmes.
 

lundi 11 septembre 2017

Victimes des pesticides de Nutrea-Triskalia : boycott des cotis' agricoles



Depuis plusieurs années, les victimes de l'usage illicite de pesticides dans les entrepôts de Nutrea-Triskalia (Plouisy - 22) se battent sur différents fronts juridiques afin que leur infection irréversible et handicapante soit reconnue comme maladie professionnelle (voir article du Télégramme ci-dessous). Si les décisions des cours se succèdent, rallongeant d'autant la durée des procédures, en imputer la faute à la caisse des cotisations agricoles, la MSA, ne relève pas de la diffamation. 

Comment alors accepter que ces salariés, cotisants à la MSA, soient considérés comme des présumés malades, déjà relégués à la marge par la faute de leur ancien employeur ? Ces salariés, qui ont tout au long de leur carrière professionnelle honoré leurs cotisations à la MSA, ne mérite-il pas plus de considérations, notamment par ceux et celles qui évoluent dans le monde agricole ? 

Il existe un moyen de pression, qui relève de la solidarité de la filière agricole, c'est la désobéissance sociale par le boycott du paiement des cotisations à la MSA. Je me propose d'être à l'initiative de cet appel à la désobéissance afin de créer par la suite un collectif informel, tissé sur l'ensemble de la Bretagne B5. 

Dans un premier temps, vous pouvez faire comme moi et adresser un courrier (voir un modèle ci-dessous) à votre caisse pour réclamer réparations auprès de ceux qui ne devraient pas souffrir de notre absence de mobilisation. 

Puis, si nous sommes suffisamment regroupés, nous pourrions alors envisager, en étroite collaboration avec les collectifs de militants et les syndicats de soutien, faire connaître physiquement notre désapprobation auprès de la MSA.





Note explicative
Le principe du boycott des cotisations ne remet pas en cause leur règlement. L'appel préconise de les provisionner en attendant une réaction favorable de la MSA et réclamer par la suite l'annulation des pénalités de retards. 
Les anciens salariés de Nutréa-Triskalia ne sont pas à l'origine de cet appel. Ils n'ont accordé aucune autorisation à sa rédaction, sa diffusion, ni à l'organisation d'un collectif.

Contact : David Derrien - 09 52 38 19 21 - disentus@gmail.com

Pourquoi je lance cet appel ?
En plus de relayer régulièrement l'actualité média des personnes concernées, je leur ai apporté, dès le départ de leur appel à une justice équitable, mon soutien lors des marches contre Monsanto, dont je suis à l'initiative (Guingamp 2015 et Carhaix 2016), avec le souci premier d'exposer leur engagement. Le mien prend cette nouvelle forme.


Manif de Guingamp - Mai 2014
Manif de Carhaix - Mai 2015
 

J'ai invité, avec l'aimable collaboration de Solidaires et d'AE2D, des salariés intoxiqués à venir témoigner sur Brest. (Octobre 2014)



 
Ci-dessous une lettre type à envoyer à la MSA. Merci de m'adresser une copie pour recensement.



mercredi 30 août 2017

Permaculture. Et si on parlait de la fraise ?

Préambule. Le sujet de cet article n'a aucune valeur agronomique. Les observations émises ne reflètent qu'une réalité sommairement établie, en l'absence d'outils de mesure et d'un cahier des charges subordonné à la culture de fraise sur butte, dûment constatée par des techniciens, issus d'instances de l'agriculture biologique. Toutefois, je retiendrai l'option "d'innovation agro-écologique" pour qualifier ce système dans un territoire qui a trop tendance à associer "innovation" à "technologie agro-industrielle". 


Le Jardin Baroque de Lindouar. Le Dreff à Plougastel-Daoulas

Ce préambule me semblait nécessaire afin d'écarter toute tentative de ma part de transgresser aux bonnes règles certifiées conformes et de me louer une réussite personnifiée, somme toute exagérée dans l'immédiat, quoique confinée inconsciemment dans les cerveaux de ceux qui liront ce qui suit et qui n'auront pas d'autres convulsions que de me suspecter d'écolocentrisme : comme bon leur vaille, je ne veux pas rivaliser avec leur discernement infaillible.
Si j'évoque le sujet c'est qu'il m'apparaît impertinent, dans un contexte local (Plougastel-Daoulas), de soumettre tout essai de culture de la fraise dans de la terre, sans tunnel, ni bâche plastique, ni "jardin suspendu", moins élogieusement qualifié de hors-sol. Serait-ce une offense alors que de ne pas se soumettre activement à la culture de fraise sur une commune qui a bien profité de sa réputation, et qui vire à la confusion mentale pour tous ceux qui vous estampillent de son exotisme ?
Je me contenterai de développer une méthode reconnue par ailleurs, glanée dans le dédale d'informations sur la permaculture. Je suppose qu'il est néanmoins utile de souligner que j'ai tenté de m'approcher au plus près de dispositions philosophiques de la permaculture : peu ou pas de moyens mécaniques, utilisation en priorité des éléments végétaux présents sur  place, compenser la destruction du milieu (passage du motoculteur), favoriser la biodiversité, sans omettre le bannissement de produits phytosanitaires,...
La butte
Ce qui est chouette avec la butte, c'est qu'elle fait débat. Je ne sais pas s'il existe de véritables détracteurs, mais elle présente quelques avantages à la conversation, en plus de ceux de l'exploitation. Tout d'abord le sous-bassement. J'ai étalé sur une largeur de 1m/1m20 et une longueur de 5 à 6 m, d'immenses cartons, vierges d'imprimé, de bandes collantes et d’agrafes. J'ai privilégié cette matière car j'avais observé que le ver de terre, au nombre de crottes, adorait sa cellulose. Or j'apprenais, entre-temps, que le carton d'emballage pouvait contenir des substances chimiques. La réflexion du départ partait d'un bon sentiment : puisque je détruis un milieu bien complexe, je compense par un renouvellement régénératif, même sommaire. A l'avenir donc, je retirai de ma liste ce matériau. Je n'ai pas fait le choix de creuser une tranchée car le terrain présente l'inconvénient d'être fortement compacté. Là encore j'ai tenu compte d'un principe de base de la permaculture : ménage ton physique et consulte ton cerveau. 
Puis j'ai entassé, dans le sens de la longueur, de longs troncs d'arbres, pourrissant partiellement ou totalement sur la parcelle. J'ai complété ce sous bassement par des branches mais surtout par les mottes de terre, dégagées par le travail du motoculteur, que j’enfonçais dans les intervalles. J'avais bien noté que ce milieu devait se retrouver, dans un pourcentage très élevé, démuni d'oxygène (milieu anaérobique). Je constituais ainsi une sorte de chape végétale.
Ensuite, j'ai appliqué la méthode dite "en lasagne". J'ai commencé par du fumier bio de bovin, du goémon présent sur la grève toute proche, et au choix tonte/feuille, copeaux de bois, mélange décomposé de fougère/morceaux de bois/.... J'ai renouvelé une seconde fois l'opération pour obtenir une hauteur oscillante entre 35 et 40 cm. L'une des principales raisons invoquée pour expliquer la disparition progressive de la culture de la fraise en pleine terre repose sur la sollicitation physique qu'imposait une récolte éprouvante. Avec la butte je ne devrais pas être épouvanté par un tel désagrément.
Toutefois, au terme d’innombrables efforts, flattant la résistance de mon physique à le mettre à l'épreuve de la rudesse du climat automnal  breton, j'obtins 5 buttes assez homogènes dans leur aspect. Sauf que l'hiver, censeur hystérique, imposerait sa virilité vélique à ces ouvrages composés de matière volatile. J'utilisais encore une fois mon cerveau pour conclure qu'il fallait enterrer ces merveilleux promontoires sous une cloche de mottes de terre. Ce que je fis prestement. Les buttes protégés, je pouvais patienter jusqu'au début du printemps suivant pour intervenir à nouveau.
Profitant de cette pause méritée, me laissant le temps de contempler mes tumulus, j'observais que la partie du sol longeant le talus, s'avérait plus meuble. Dès lors que la promesse du retour du printemps s'affirmait dans les contours de mars, j'entrepris de récupérer la terre végétale disponible à proximité et l'imposer à la butte, surélevée d'autant de centimètres que m'offrait l'extraction initiale. Un sondage récent, par un forage manuel à des points différents sur les buttes, m'indiquait que l'altération des éléments végétaux se poursuivait (voir photo ci-contre).
La fraise et consorts
Pris par le temps et la recherche longtemps infructueuse d'un producteur de fraisiers, je me décidais en dernier ressort pour la variété appelée "Charlotte". Là encore, la mise en pratique de la permaculture est respectée. Car, en effet, la durée d'exploitation de la variété devrait se prolonger de 2 à 3 ans. Les espacements sur le rang et entre les rangs me permettent d'aligner  des cressonnettes et des oignons et ainsi faire figurer en bonne place le principe de cultures associées. Pourtant, mes premières observations ne se focalisent pas sur les 150 plants de fraisier qui croissent à leur rythme. Il s'agit plutôt de remarquer, avec une pointe de satisfaction, que la cressonnette, repiquée sur les buttes, présente 2 à 3 semaines de croissance d'avance que sa congénère plantée sur une planche potagère. Je ne m'explique pas cet écart. Est-ce que l'élévation du support influencerait leur croissance ? Des forces vitales, voire des phénomènes d'attractions, seraient-elles, secrètement, en œuvre ? En tout cas la récolte des légumes fut satisfaisante. En minimisant l'appétit vorace des limaces, parfois de façon radicale, ce qui présente un bémol à la notion du "non intervenir", insultant ma bienveillance, j'ose entrevoir une récolte encourageante pour la fin de l'été. Je précise bien : récolte et non rendement. Les opérations de rempotage des stolons est en cours et me permettra de développer la production.
Les à-côtés
La seconde observation est d'ordre plus décomposable. A tour de rôle, et sur plusieurs mois, se succède sur les buttes une série de champignons. Un copain de passage, curieux de longue date de leurs effets sur leur environnement, soulage mes interrogations en m'indiquant que leur présence est un "bon signe". 
Par contre le paillage "paille" n'a pas été déterminant. Du fait d'un désherbage régulier du liseron et de la renoncule, les brins de paille n'ont pas résisté à l'assaut de mes griffes. Reste à préciser que la rangée de consoude (plante mellifère), délibérément glissée entre les buttes, a attiré un certain nombre de pollinisateurs qui aujourd'hui profitent des fleurs des fraisiers.
Dans une méditation toute récente, j’entrevoyais un cercle vertueux, où chaque élément vivant déployé garantit au suivant une raison de se dédier, en toute sérénité, à son existence prolifique, sans perturbation, chimique, mécanique ou qu'elle soit sous forme de plastique. Alors, à vrai dire, la culture de fraise dans de la terre devrait-elle être vouée au patrimoine local ?

(Une prochaine étape consistera à solliciter de vaillants bâtisseurs pour un chantier participatif autour de la création de nouvelles buttes, courant octobre).

dimanche 30 juillet 2017

Y a de quoi ce marais ! Nav

L'Eveil des lucioles

Suite à la dégradation de matériel professionnel (cuves pour récupération de pluie percées) au Jardin Baroque de Lindouar (Plougastel-Daoulas), l'association Parallèle Prod prépare les rendez-vous de "l'Eveil des lucioles". 
Il s'agit de veiller au champ, muni de bougies, durant les nuits du 04, 05 et 06 août. 
Sur inscription et places limitées jusqu'à 10 personnes par soirée (possibilité de nuit tournante). 
Emplacement possible pour des tentes. 
Venir accompagné d'instruments de musique, de bougies et de nourriture. 
Renseignements et inscription à : disentus@gmail.com 


Aucun texte alternatif disponible.

 
Cuves percées. Didier, gérant de l'épicerie fine "day by day" de Brest (hall st louis) m'a remis 6 bidons de 30 L afin de m'apporter son aide et de répondre concrètement à l'acte de vandalisme. Le contenu des bidons est d'origine végétale, écocertifié et avec des colorants naturels. ils seront bien utilisés pour la récupération d'eau de pluie.

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes souriantes, personnes debout



samedi 27 mai 2017

Installation en permaculture

 Actualisation le 27 mai 2017


Je recherche un/une partenaire pour une installation en permaculture sur le Finistère (Plougastel Daoulas), au Jardin Baroque de Lindouar. Priorité à l'entente fraternelle, la confiance réciproque, le respect du sol et du vivant

Personne rigoureuse, enthousiaste et autonome. Projet autogéré qui tendrait à terme vers l'autonomie, avec en filigrane la notion de résistance au saccage perpétré par l'activité agro-industrielle sur Plougastel (plus de précisions en off).

Mise à ma disposition, sous forme de droit d'usage, avec deux propriétaires (accord de gratuité sur 9 ans, renouvelable par tacite reconduction) d'un 1 ha de terre, en friche depuis 15-20 ans. Le principe de propriété est exclus. Plusieurs essences d'arbres dont la présence de pommiers et d'un arbre remarquable, le cormier. Possibilité à moyen terme d'exploiter plus de 2 ha. Mention "Nature et Progrès" obtenue. Applications des principes de la biodynamie.

Qualification acquise (ou en cours d'acquisition) pour entreprendre la conduite de productions végétales  (responsable d'exploitation agricole, maraîchage biologique). Expérience facultative. Fortement apprécié si DJA obtenue ou en cours d'obtention. Choix commun du modèle à mettre en place à partir de pratiques appréciées ailleurs en permaculture (en cours de réflexion). Prévoir un apport personnel minima aux fonds propres.
  
Statut juridique  : je suis moi-même en entreprise individuelle agricole, pour l'instant cotisant solidaire.

Estimation des besoins humains : 1,5 Unité de Travail Annuel fixée au départ (dont 0.5 UTA à ma charge)

Revenus distribués en fonction de l'investissement de départ, du temps passé à quatre pattes, de la répartition des tâches (production/gestion) : tous ces points restent à préciser.

Possibilité d'hébergement dans les premiers temps, à déterminer (visites des enfants). Pas de loyer à payer mais participation aux charges (nourriture,...).

Démarrage des chantiers de défrichement : été 2016 (8000 m2 déjà défrichés). Travaux de préparation du sol et élaboration des techniques de culture réalisés (exemple : butte). Mise en place des premières cultures réalisées (fèves, fraises, oignons, bettes, épinards, pdt, pois, courgettes, poivrons, tomates, carottes, radis, salades,...) sans oublier les fleurs. Utilisation du breton pour nommer les plantes. Implijet eo ar brezhoneg da lakaat da wel anvioù al legumaj

Prospection pour les débouchés : juin 2017. Paniers pour les particuliers (déjà une dizaine de personnes intéressées) et restaurateurs. Usage de la monnaie locale (heol) envisagé.

Choix en conscience de ne pas produire des hybrides.

Prévisionnel système viable : 2 à 3 ans 

Mes diplômes : BTA généraliste, BTS technico-commercial option : produits carnés, BEPA adulte conduite d'élevage ovin.

Possibilité d'une aide de la région Bretagne pour les + de 40 ans, titulaire d'un BTA et installé(e) à titre principal(e)

Points à régler : accès à l'eau (en place 2 cuves de 1000 L chacune, implantation d'un tunnel, animaux,...), demande d'autorisation d'installation d'une cabane de 20 m2 en cours,...

Contact : 09 52 38 21 19 ou disentus@gmail.com

David Derrien ou dédé l'Abeillaud


Avant


Après










jeudi 4 mai 2017

L’image contient peut-être : texte Défection pour une déjection démocratique
Mes derniers positionnements sur le second tour des élections présidentielles méritent peut-être quelques précisions sur mon histoire sociale qui ressemble de près à tout ce "petit peuple laborieux" et oubliés qui votera massivement pour Marine Le Pen.
Je suis affilié à des générations de travailleurs/petits paysans côtiers du Léon. Les plus proches de mes ancêtres santécois ont basculé dans le communisme au coeur d'un pays de culs bénis. Je ne connais pas leurs motivations. Ce que je sais c'est que leur lutte sociale se concrétisait bruyamment et principalement dans des altercations alcoolisées avec les culs serrés de la commune. Ma mère a baigné dans cette ambiance généreuse et, à son tour, a fréquenté des communistes de sa génération (je pense notamment au célèbre peintre navigateur Yvon Le Corre qui recherchait chez ma mère bien autre chose qu'un échange politique). Mais très vite le rôle de mère a supplanté celui de militante politique. 
D'aussi loin que je me souvienne mon père a toujours été sympathisant socialiste. Je comprends davantage les positions de mon père qui s'apparentaient plus à de l'intérêt particulier tout en affirmant faire déjà assez pour l'intérêt général. Chez nous, les Enarques et les hauts fonctionnaires, on ne les cotoient pas. Chez nous, si on fréquente un notable c'est parce que ma mère est femme de ménage. Chez nous quand on croise le patron c'est sur un chantier. 
Coincés dans des HLM ruraux, ces habitants ne connaissent pas l'ascenseur social. Les financiers publics préfèrent installer des escaliers. De toute façon les ouvriers connaissent la pénibilité au travail, un effort supplémentaire ne leur coûtera rien. L'effort social justement est une notion viscéralement présente dans cette classe inférieure. Je n'ai jamais entendu dans la bouche de mes parents les mots de progrès ou d'ascenseur social. Seuls les combats d'autrefois, assurent à la famille des prestations sociales. Moi, je sens déjà la discrimination sociale dans les regards et dans les attitudes élargissant la fissure des classes sociales. 
Comme tout bon parent, mon père aimerait sortir de l'ornière sociale son fils aîné (moi ) et le doter d'un bagage intellectuel. Le dico qu'il m'offre à l'âge de 9 ans m'aidera à plonger dans l'apnée de lectures abondantes, m'expulsera du socialisme français pour m'orienter vers le choix d'une vie : La Bretagne. Mes oncles et tantes aussi, de plus en plus, s'éloignent du socialisme devenu libéral et j'entends dans leurs propos revenir plus souvent le nom de Jean-Marie Le Pen. 
Pour sortir de week-end ennuyeux, les voyages dans les livres sont des lignes régulières. Ils m’emmèneront dans d'autres espaces, à la rencontre d'autres personnages. Est-ce à dire que c'est Kafka, Maupassant, Zola, Grall, Robin, ou Dostoievski qui m'ont sauvé de la noyade sociale et m'ont désorienté du dépit facile et de plus en plus prégnant de faire du FN un allié nationaliste, un ami blanc et un parent protecteur ? Certainement. 
En tout cas ce long apprentissage social, intellectuel et politique (oscillant entre l'autonomie, le vivre ensemble, l'anticapitalisme et l'autogestion) m'a aidé dans mes réflexions d'aujourd'hui sans renier d'où je viens et certainement pas ce que je suis devenu notamment sur mes engagements contre le Front National : il est certes agaçant de se faire rappeler à l'ordre par les biens pensants (flirtant avec la manœuvre politicienne) quand  après les élections on se comptera encore sur les doigts pour se mobiliser contre le FN dans des rassemblements. On s'en prendra encore plein la gueule parce que trop extrême, trop anti faf, trop hors système. On se fera menacer et insulter pendant que tous ceux qui ont voté pour Macron et qui nous rappellent à l'ordre, retourneront dans leurs pantoufles en continuant à nous accuser d'être des agités : quand on veut évacuer les eaux usées et alerter sur leurs désagréments sanitaires, il faut le faire tout au long de l'année et pas uniquement pendant un temps électoral.
Je ne rejoindrai donc pas les bataillons des déshérités du peuple qui croient trouver la sécurité dans les bras de Marine Le Pen. C'est une chance. Je ne rejoindrai pas non plus le cortège des déshérités de gauche pour voter Emmanuel Macron. C'est mon choix social car il n'y a aucune moralité dans leur marqueur politique et économique.
Merci à tous ces écrivains, à tous ces résistants et militants libres de m'avoir sorti partiellement des griffes de l'ignorance.

vendredi 21 avril 2017

Y'a de quoi ce marais ! Nav

Scribes d'humeur, partiellement publiés dans la revue d'Avril 2017 d'Eau et rivières de Bretagne. Rubrique : l'écho des marais.


Feu vert
Après avoir subi, depuis juillet 2016, 3 incendies volontaires sur les véhicules de l’association, Bretagne Vivante doit déplorer la nouvelle destruction d’une voiture de fonction (Le télégramme, 06/12/16). Agir pour l’environnement c’est la porte ouverte à tout type d’agressions et le feu vert à la banalisation des actes délictueux tant que les auteurs de ces forfaits ne seront pas appréhendés.

En vase clos
Le procureur de la République de St-Brieuc envisagerait de classer sans suite le dossier du joggeur, retrouvé mort dans la vasière du Gouesnant en septembre 2016 (Ouest-France, 13/12/16). Il estime en effet qu’il n’y a pas de lien de causalité entre la décomposition toxique des algues vertes et le décès, alors que le secteur présente de sérieux risques pour la santé en cas de contact avec la vase. Vivre en vase clos rend les déclarations suffocantes ?

Homophones
Les orientations du nouveau Schéma directeur régional des exploitations agricoles inquiètent les acteurs de l’agriculture durable (Le Télégramme, 13/12/16). « Nous ne cautionnons pas ses priorités qui privilégient les restructurations au détriment des installations », disent-ils. Les décisions finales des Safers font le bonheur des plus grosses exploitations. Les affaires sont les Safers.

Ça cocotte
Durant le mois de septembre dernier, l’inspection du travail a contrôlé 10 exploitations qui employaient des saisonniers pour la récolte du coco paimpolais (Ouest-France, 24/12/16). Plusieurs irrégularités ont été relevées notamment la quantité maximale de cocos que doit récolter un cueilleur et l’insalubrité de logements.  Travailler dans ces conditions, ça pue, ça cocotte.

Coquille vide
Des contrôles ont épinglé des marins-pêcheurs de la rade de Brest concernant la récolte de la coquille (Le Télégramme, 24/12/16). Pour contester la nouvelle règlementation qui limite la pêche à 250 kg par marée, certains armements ont « oublié » de débarquer l’intégralité de la pêche. La vente à la criée n’a pas pu se faire faute de prix correct. Moralité : esquiver c’est se retrouver sans activité.

Sale mine
Plusieurs communes du centre Bretagne se sont associées pour s’opposer au projet minier de Silfiac, mené par Variscan (Ouest-France, 07/01/17). Dans les Monts d’Arrée, c’est la commune de Loperec qui se mobilise contre les projets de recherches d’extraction d’or par deux compagnies minières (Le Télégramme, 06/01/17). Face à l’opposition croissante des Bretons, les dirigeants de ces compagnies doivent avoir la sale mine. 

Pop corn
Grâce aux révélations de Solidaires et du collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, plus de 25000 T de maïs ont été bloquées au port de Brest  (Le télégramme, 10/01/17). La cause ? Un surdosage dangereux de la phosphine, pesticide gazeux utilisé pendant le transport en bateau. La marchandise appartient à Cobrena, filiale de Triskalia. Après le drone aéroporté, Triskalia innove dans le pop corn pour bétail. A s’en éclater la panse !

Pas très écolo
Les sénateurs se sont prononcés pour un assouplissement de la loi littoral en autorisant la construction dans les « dents creuses » (Le Télégramme, 15/01/17). En Bretagne, l’incompréhension est massive, au point où certains rêveraient de méthodes à la Corse. Utiliser le plastique et le plomb, ce n’est pas très écolo. Et puis le bâton de dynamite ce n’est pas ce qui réussi le mieux aux Bretons.

Ensablé
Lors de son passage en Bretagne, pour un meeting à Quimper, Emmanuel Macron a déclaré ne pas « avoir autorisé l’extraction de sable en baie de Lannion » (Ouest-France, 17/01/17). Le décret, accordant la concession d’exploitation à la CAN, a pourtant été signé par l’ex-ministre. Macron est bien en marche pour faire de la politique politicienne. Il finira très vite ensablé. C’est bien plus difficile pour avancer.

Guet-happen
Durant l’été 2015 les agriculteurs sont dans la rue et ciblent la grande distribution (Ouest-France, le 17/01/17). Un agriculteur d’Auray comparait en janvier pour dégradation d’un magasin par un moyen dangereux. Mais aucune partie civile à l’audience. « Un accord est passé entre Leclerc et la Fnsea dans notre dos, déplore le Procureur, et il n’y a plus de plainte ». Le président conclut à un guet-apens syndical. Le prévenu, relaxé, peut se réjouir de ce guet-happen.

Vent debout
Xavier Beulin briguait, avant son décès, un 3ème mandat à la tête de la Fnsea. Dans une interview accordée au Ouest-France, le 26 janvier, il est interrogé sur l’usage des pesticides et l’inquiétude des consommateurs. « Le premier marqueur, c’est la santé » Disait-il. Pourtant la Fnsea bataillait pour continuer à épandre à proximité des maisons. « Nous n’avons jamais contesté la question du vent ».  Xavier Beulin était effectivement vent debout pour rassurer le consommateur.

Mort aux vaches
A Commana, la mortalité élevée de vaches, chez un jeune producteur de lait, ont obligé les services de l’Etat a intervenir (Le Télégramme, 03/02/17). La chambre d’agriculture évoque un manque de soins et de la dénutrition. Dénoncé par les éleveurs du secteur, l’exploitant s’est dit touché par leurs accusations, certaines voix évoquant une campagne de « déstabilisation ». C’est bien plus efficace de crier « Mort aux vaches ! » après un voisin que lorsqu’il s’agit des forces de l’ordre.

dimanche 26 février 2017

concert de soutien aux faucheurs d'Ogm

Samedi 1er avril 2017, concert de soutien aux faucheurs volontaires au Chabada, à Angers, à partir de 18h30.

Retour des « Faucheurs de Sons » sur les terres du Chabada. Après un millésime 2016 cuivré, la thématique jamaïcaine de 2017 s’annonce pleine de vibrations positives. La soirée débutera par un apéro débat à 18h30 autour de l’actualité OGM et de quelques démarches paysannes locales alternatives. Puis, avec 15 ans de scènes dans le rétro, et des premières parties de grands noms du reggae, les Nantais de « One Seed » ouvriront la première récolte sonore avant de laisser la place à l’excellent cru d’Anjou de Simawé. Garanti sans OGM et certifié meilleur album reggae aux Victoires de la Musique 2016, Broussaï clôturera la session live pour laisser le public enflammer le dancefloor aux sons roots, ska, reggae de Phil de Planète Reggae et Rudy’s Back. Enfin Mystikal posera son sound system jusqu’à la fermeture des portes à 2h !

Tarifs : 10€, demandeur d'emploi, étudiant, carte Chabada,12€ prévente et guichet

Restauration bio sur place.


Pour plus d'info, n'hésitez pas à nous contacter : CSFVANJOU@gmail.com

 

dimanche 19 février 2017

Y en a marre, Monsieur le maire !

Lettre d'A quoi ça serre adressée à la préfecture du Finistère pour déplorer la carence du maire de Plougastel-Daoulas, face aux pollutions industrielles et la réalisation de mares (ouvrages qui doivent faire l'objet de déclaration préalable, et inconnus des services de l'urbanisme de la mairie).








jeudi 16 février 2017

Vietnam. Entre invitée d'honneur et déshonneur des élus

 Par F. Oppermann. A quoi ça serre ?

Ce mardi 14 février "AQCS?" a invité à la Salle Frézier Tran To Nga a venir nous parler tout simplement de sa vie. En préambule, David Derrien, initiateur de cette rencontre a expliqué que c'est à travers ses luttes locales contre Monsanto et l'engagement d'André Bouny, qu'il a découvert le combat de Tran To Nga. Dés lors il lui semblait naturel de tout mettre en œuvre pour que Tran To Nga puisse faire partager au plus grand nombre son témoignage. C'est donc ainsi que David Derrien a pu, grâce à la gentillesse et la disponibilité de Tran To Nga, organiser une série de rencontres un peu partout en Bretagne. 
Si à chaque fois, ces rencontres ont été l'occasion d'échanges très riches, David Derrien a regretté que la demande qu'il avait faite auprès du maire de Plougastel et de tous les élu(e)s d'organiser une réception conviviale en l'honneur de Tran To Nga n'ait pas fait l'objet de la moindre réponse, hormis celle d'un conseiller municipal d'opposition (voir courrier en bas de l'article).
David Derrien
To Nga Tran
Heureusement la vie de Tran To Nga est tellement plus passionnante qu'elle n'a même pas relevé ce manque à la plus élémentaire courtoisie républicaine ! Car passionnante, la vie de Tarn To Nga l'est. Au cours de ces deux heures et demie Tran To Nga nous a littéralement embarqués avec elle dans ce pays qu'elle adore, un pays le Vietnam qui depuis des millénaires a connu les guerres sans discontinuité. Née dans le delta du Mékong, le fleuve aux 9 dragons, dont elle tire son courage, elle a aussi vu le jour sous le signe du cheval, ce qui la prédestinait sans doute à porter le fardeau des autres. Toute jeune, comme tant d'autres elle a été confrontée à l'horreur de la barbarie, son jeune frère mourant sous les balles alors que son grand père était gravement blessé lors d'une embuscade. Ce grand père qui restera pour elle un exemple car jusqu'au bout malgré ses blessures, il n'exprimera ni haine ni colère, en restant humble et silencieux. Très vite sa jeunesse ne restera plus qu'un bon souvenir car dés son exil pour Hanoï, elle connaîtra les privations mais aussi le sacrifice des enfants du Nord Vietnam pour qu'elle puisse toujours manger à sa faim. A l'issue de ses études, non pas motivée par un embrigadement politique auquel elle ne comprend pas toujours grand chose, mais animée par le rêve de voir son pays indépendant qui ferait tout pour le bien être de son peuple, comme tant d'autres, elle va rejoindre le Sud via la piste Ho Chi Minh à coups de marches forcées, épreuves physiques terribles qui vont sceller à jamais l'amitié de ceux qui y participèrent car 50 ans après ils continuent à se voir comme frères et sœurs. Au milieu de ce chaos avec la montée en puissance de l'armée américaine, elle aura tout juste le temps de revoir sa mère avant que cette dernière ne disparaisse à nouveau. Elle même emprisonnée, Tran To Nga donnera naissance en prison à l'une de ses filles, rappelant que dans sa famille ce sont 4 générations qui ont connu la prison.
Si l'indépendance met enfin un terme à son supplice elle n'éprouve aucune haine à l'encontre de ses geôliers et tortionnaires car avec sa mère elle a tellement rêvé à cette paix qu'elle ne veut pas la gâcher avec une vengeance inutile. Très vite elle s'applique à redonner confiance à son peuple en devenant directrice d'école. Consciente que le pardon est indispensable, et qu'elle peut être un trait d'union entre le Vietnam et la France, elle multiplie les initiatives en ce sens. Elle organise notamment un voyage pour les anciens combattants d'Indochine au Vietnam. Cela lui vaudra d'être décorée de la Légion d'Honneur. 
Plus tard, c'est en travaillant sur un projet de construction de village que son passé va resurgir brutalement lorsqu'elle se retrouvera face à des victimes de l'agent orange, défoliant dispersé par l'armée américaine pour déforester la jungle. Dés lors sa vie prend un sens nouveau, déjà parce que comme tant d'autres, elle s'est retrouvée contaminée, comme ses enfants, par ce poison, mais parce que surtout face à cette tragédie sanitaire, elle sent que son pays veut tout faire pour étouffer ce scandale aussi bien de santé publique qu'environnemental puisque aucun programme sérieux de dépollution n'est mis en place par les autorités. C'est récemment, en 2009, lors d'une audience sur les effets néfastes des dioxines que Tran To Nga a pu exposer à un auditoire attentif les ravages causés dans son Vietnam. Dans l'auditoire deux avocats ont été touchés par le témoignages de Tran To Nga et lui ont suggéré d'envisager une suite judiciaire. Dans un 1re temps Tran To Nga s'y refuse catégoriquement mais lorsqu'elle apprend que des victimes vietnamiennes de l'agent orange ont été déboutés trois fois de suite aux Etats-Unis, ce qui suspend définitivement tout chance de procès là bas, elle a accepté y voyant une chance ultime de faire reconnaître la responsabilité des firmes chimiques qui ont fourni à l'armée américaine ces produits. 
Aujourd'hui 19 sociétés américaines sont assignées par un tribunal français car Tran To Nga a la double nationalité. Comme à chaque fois que l'on s'attaque à de grosses structures, les coups sont rudes d'autant plus que Tran To Nag ne défend que son cas particulier, la procédure lui interdisant de parler au nom des autres victimes. C'est un combat long et douloureux et....coûteux. Même si ses avocats ne réclament pas d'honoraires, la simple traduction de l'assignation a coûté 16000€ à Tran To Nga, d'où ses efforts pour à travers son livre récolter les sommes nécessaires pour aller au bout de sa démarche dont bien évidemment nous vous tiendrons informés. Bien sûr ce moment fut trop court, mais les échanges furent enrichissants et nous ne pouvons pas nous empêcher d'admirer le parcours de cette femme qui a toujours su surmonter des épreuves terribles sans jamais dévier du chemin tracé par sa mère. Son sens du pardon et sa gentillesse en plus de son dévouement pour les autres constituent une magnifique leçon de vie et il est bien dommage que les élu(e)s n'aient pas souhaité en profiter.