La permaculture en douceur à lindouar

La permaculture en douceur à lindouar
Butte Xavier Grall

vendredi 20 avril 2018

Réfection municipale à Plougastel-Daoulas

En septembre dernier, je publiais un article sur ce blog, intitulé "T'es Cap ou pas Cap - Lanceurs d'alerte", article qui tentait de réveiller les consciences sur les carences observées, à propos d'un certain nombre de sujets à Plougastel, et notamment sur l'approche d'une gestion environnementale appropriée en adéquation avec nos obligations de sobriété. 
6 mois après sa parution, après quelques rencontres sans lendemain, un hiver trop long, plus de 400 personnes ont lu cet article. Dois-je conclure que le sujet des élections municipales intéresse ? Ou est-ce la réputation sulfureuse de son auteur qui intrigue le lecteur ? je ne saurais dire. Toujours est-il que, dans cette période d'un printemps enfin rassasié par la lumière et la chaleur, je suis en mesure d'annoncer que d'autres "illuminés" rejoignent l'idée de former un groupe de réflexion sur des thèmes qu'il est plus que temps de traiter. 

Déjà en 2014...


La proposition est simple : il s'agit de monter une équipe efficace, avec une méthode pour obtenir des résultats. Certains de ce noyau de départ ont déjà montré leur efficacité en matière de protection de l'environnement, et je serai tenté d'écrire, avec une véritable légitimité. Qu'en est-il vraiment ? Il s'agit de demander aux éluEs de respecter les règles et de les faire appliquer et dans le cas contraire de soumettre les contrevenants à des sanctions. Il est quand même incroyable que des citoyens vigilants, qualifiés "d'intégristes écolo" par le maire Dominique Cap, demandent à ce que des éluEs respectent la loi ! Sinon que se passe-t-il ? Et bien ces personnes deviennent hors-la-loi, et c'est inacceptable quand on prétend appliquer les premiers principes fondamentaux de la représentativité publique. Il n'est pas concevable que des éluEs entraînent leurs administrés dans une duperie municipale volontairement fomentée !
Donc à partir de ce constat, puisque nous savons qu'il n'y a pas que des questions environnementales à traiter à Plougastel, pourquoi ne pourrions-nous pas prouver notre efficacité dans d'autres domaines, avec de nouvelles méthodes de gouvernance, afin d'obtenir des résultats ? Gestion des déplacements, de transport collectif et de voirie, assainissement et pollution, art et culture, économie sociale et solidaire, habitat et ruralité, aménagement énergétique autonome, littoral et gestion des ports, tourisme vert, salubrité publique et principe de précautions (compteur linky,...) agriculture biologique,...
J'entends souvent des personnes prétendent que je suis impopulaire (entre nous, je pense que 80 % de la population de Plougastel, ne connaît pas mon existence, ce qui en soi est relativement regrettable). Soit. Il est donc impopulaire de faire respecter la loi ? Je l'assume pleinement. Je la trouve dans ce cas précis, complètement légitime quand on voit comment l'ensemble des éluEs confine leur mandat au silence, de crainte justement d'être impopulaires. Et puisque j'assume pleinement cette impopularité, il n'est donc pas question de transiger avec les autres aspects de notre "bien vivre ensemble", et c'est ce qui fera tout l'intérêt de ce groupe, dépourvu de toutes influences partisanes. 
D'autres tentatives de rassemblement existent sur la commune et notamment à travers l'association "Ensemble A Gauche". Je ne vais pas faire plaisir en disant que le projet initial est mort-né. Déjà parce qu'il a commencé par exclure au lieu de réunir, qu'ensuite le rassemblement de toute la gauche est un échec et qu'enfin leurs représentants ont laissé rentrer dans la bergerie des personnes de LREM, au détriment, malheureusement de ceux et celles qui justement portaient des valeurs de gauche. A mes yeux, cette association n'a plus de légitimité. Elle est devenue la caisse enregistreuse de pratiques néo-libérales, dangereuses pour l'ensemble des services publics. Chacun, dans ce groupe, devra faire un bilan de conscience le moment venu, sachant qu'il n'est jamais trop tard pour se raviser. 
Donc cette proposition est lancée. A vous de la saisir. Elle deviendra une réalité quand nous serons plus nombreux à la porter. Certainement pas pour nous, mais pour tous ceux et celles qui viendront après, afin de tenter de leur laisser une opportunité de ne pas trop subir l'irresponsabilité d'éluEs, incapables de se renouveler.
Une dernière chose. Je n'épargnerai pas ceux et celles qui m'imaginent vouloir jouer le premier rôle. Qu'ils gaspillent leur énergie dans des circonvolutions d'escargots (de Quimper, de préférence), ils en seront davantage déroutés.

mardi 17 avril 2018

Y a de quoi ce marais ! Unnek


Scribes d'humeur partiellement publiés dans la revue d'Eau et Rivières de Bretagne, avril 2018



Bernard Poignant, ancien maire de Quimper




Déchanter
Le passage de la tempête nommée « Carmen » a provoqué de nombreux dégâts, à l’exemple du littoral de Gâvres (Ouest-France, 03/01/18). C’est en effet la seconde fois qu’un pan entier de béton s’est désolidarisé de l’ouvrage, sensé renforcer la protection de la digue. Au rythme où va la succession des tempêtes hivernales en Bretagne, il y aura encore de quoi déchanter.

Déchanter bis
Dans les terres aussi, « Carmen » a soufflé fort près de Pont-Aven, au point d’emporter trois poulaillers, dont un qui a fini sa course sur la RN165, au niveau de Quimperlé (Le Télégramme, 03/01/18). « Au total, nous avions 6800 volailles. Seules 900 d’entre-elles ont été épargnées », raconte l’éleveuse. Sort funeste d’une batterie de cantatrices subissant le même sort que l’héroïne de l’opéra de Bizet.

Débêtir
Un agriculteur de Lanvellec a été condamné par le Tribunal de Guingamp pour maltraitance animale (le Télégramme, 14/01/18). Les agents de la Préfecture évoquent une situation exceptionnelle avec plus de 70 bêtes maltraitées, décharnées, décédées faute de nourriture. Il lui a été interdit de détenir tout animal et devra s’acquitter d’une amende de 500 euro. Au regard de la situation psychique de l’agriculture, c’est un moindre mal pour le débêtir.

Forts
L’abandon du projet d’aéroport de NDDL a suscité de nombreuses réactions (Ouest-France, 19/01/18). Dans le Finistère, les acteurs économiques n’ont pas contesté la décision du gouvernement. Avec un bémol par la déclaration de l’ancien maire de Quimper, Bernard Poignant : « Dans une démocratie, force doit rester la loi ». Dommage que la République doive se passer d’hommes forts comme Mr Poignant, si vite contraint à l’inutilité.

Des fois
La Préfecture de Morbihan a ordonné l’abattage de 25000 canards suite à la détection d’un virus pathogène dans trois foyers différents (06/02/18). « Il est dit pathogène car il ne déclenche pas de symptômes », précise un vétérinaire. « Les causes de ces foyers sont difficiles à déterminer », explique de bonne fois le Préfet qui a demandé le confinement des palmipèdes, dès fois que des canards ne finissent à la fois confit et en filet. Foi de Préfet, ça n’arrivera pas !

Mauvaise pub
Rennes Métropole a décidé il y a un an l’installation de panneaux publicitaires numériques en remplacement des panneaux classiques avec du papier et mobilisant du personnel (Ouest-France, 05/02/18). Un collectif de Résistance à l’Agression Publicitaire a tenu à faire connaître, lors de rassemblements, son désaccord, avec le slogan : « Cet écran consomme plus que votre foyer ». C’est une bien mauvaise pub faite à la sobriété énergétique, en effet.

Grillées
Le Marché du porc breton à Plérin subit une nouvelle crise des cotations (Ouest-France, 02/02/2018).  Les enseignes Leclerc et Intermarché ont bien tenté d’enrayer la chute des cours mais les grands opérateurs, comme Cooperl, leurs sont rentrés dans le lard et ont refusé de suivre la cotation de Plérin, référence nationale pour le prix du cochon. Décidément Plérin n’a plus la côte et comme le cochon, les enseignes se sont faits grillées la politesse.

En substance
La Baie de Paimpol a été interdite à la pêche aux coquillages en février dernier par le Préfet du département (Le Télégramme, 05/02/18). En cause, le dysfonctionnement des stations d’épuration de plusieurs communes. Déjà en 2016 Eau et rivières de Bretagne avait saisi le Tribunal pour « déversement de substances ». Le terme convient pour parler de quelque chose en gros. Sans rentrer dans le détail c’est excrément délicat comme sujet à manipuler.

Coucou !
Afin de mettre la pression sur les orientations issues des Etats Généraux de l’Alimentation, les jeunes agriculteurs et leurs aînés de la Fnsea ont lancé des opérations de blocages, de contrôle des prix et de déversement de déchets, comme à Ploudaniel devant le siège d’Even (Ouest-France, 07/02/18). Des plaques d’amiante ont été repérées. Afin de laisser la responsabilité à d’autres, ces agriculteurs agissent comme une espèce parasite.

Egal
Sandrine Le Feur, députée LREM du Finistère, a été nommée responsable du texte de la loi EGAlim sur l’agriculture et l’alimentation (Le Télégramme, 16/02/18). « C’est un projet pour une alimentation saine et durable », dit-elle. L’étiquetage des produits est une priorité. « Imaginez une application qui indiquerait si des pesticides sont autorisés ou non en France ». Donc on saura s'il y a des pesticides interdits sur des produits sains que l'on commercialise… Ca doit lui être égal de faire de telles déclarations.

Pas responsable
Le Tribunal administratif de Rennes a condamné l’Etat pour « carence dans la prévention et la lutte contre les algues vertes » (Ouest-France, 16/02/18). Il devra verser plus de 500 000 euro à l’Armor Saint-Brieuc Agglomération. En 2014, l’Etat avait déjà accepté de payer l’équivalent de cette somme, en échange de quoi, la collectivité retirait son recours. Condamné mais pas responsable, on a connu ça dans d’autres dossiers puants.

En Vrac
Le Préfet du Finistère prenait la décision en mars d’interdire la pêche récréative et commerciale de tous les coquillages sur la zone de l’Aber Wrac’h (Ouest-France, 03/03/2018). Il était également recommandé de se rapprocher de son médecin en cas de troubles digestifs.
Les bretonnants plus prudents, savent que Wrac’h signifie en « Vrac », et s’aventurent moins sur ces plages.

Des pains
Un apiculteur du Morbihan s’est fait lamentablement agressé par deux individus, surpris à piller ses ruches (Ouest-France, 04/03/2018). « Ces personnes recherchent des reines » Expliquent la gendarmerie. « 61 ruches ont été détruites sur 220 au total », souligne la victime qui a lancé un appel à dons pour trouver des fonds, « Je donnerai du pain d’épices ou un pot de miel ». En matière de pains, cet apiculteur s’y connaît, surtout dans la gueule.

lundi 9 avril 2018

C'est la butte finale ! Permaculture à lindouar

Le Jardin baroque de lindouar - An dre - Plougastell-Daoulaz

Je vous propose de découvrir les différentes étapes de la réalisation de buttes en permaculture, selon la méthode en lasagne adaptée au milieu et en fonction de mes connaissances.

Entre le début des travaux en octobre 2017 et l'ultime phase en avril 2018, les vers de terre se sont multipliés dans ce fatras de matière en décomposition.





Principalement du bois en décomposition posé directement sur le sol

Atelier copeaux de bois

Enfouissement des mottes de terre entre les branches


Ici on aperçoit différentes couches : fumier, goémons, copeaux, tonte/feuilles

Retour à l'ouvrage en avril. Couverture de la butte avec un reste de compost et de la terre végétale

Repiquage des fraisiers terminé
Broyat de Miscanthus giganteus

Pourquoi ne pas enfouir le sous bassement avec le bois ? Terrain compact (malgré les adventices, je recherche une terre plus meuble le long des talus). la butte est rehaussée d'autant et donc un maintien physique prolongé. Au besoin, rajouter du compost, du mulch à la fin des cycles de production des fraisiers pour compenser la décomposition des matières organiques.

Le miscanthus présenterait plusieurs avantages : paillage, contient de la silice (capteur de lumière et donc de chaleur), abrasif pour les limaces, ralentit l'invasion des adventices et présente une décomposition longue.









dimanche 1 avril 2018

Kervenal, les expressions de la discorde

"Quand la force occupe le chemin, le faible entre dans la brousse avec son bon droit". Proverbe africain. 
Je me suis posé la question de savoir par quel biais je pouvais traiter la situation de l'élargissement du chemin de kervenal à Plougastel-Daoulas, chemin qui cristallise les tensions entre les défenseurs de l'environnement et les pourfendeurs du développement borgne de l'économie, et ceci depuis la fin 2015. 
Le chemin de Kervenal
Chemin faisant, j'ai fini par choisir le pittoresque à travers les innombrables expressions comprenant le mot "chemin". Il me paraît évident que je me mets au service de ceux que l'on qualifie de "sentinelles de l'environnement", au premier rang duquel je me trouve, pour disqualifier ces malheureux natifs, frustrés, voire coléreux de constater que des écolos "salafistes" (propos entendus), au premier rang duquel je me trouve une nouvelle fois, leur ont piqué la vedette et viennent perturber la quiétude de leur bon droit. Droit du sol que pourtant le maire de la commune, Dominique Cap, leur accorde, en dépit du droit environnemental qui devrait surseoir le droit du sol. Ces règles environnementales bafouées allègrement dans le plus grand mépris par celui-là même qui en est le garant. 
Et puisque je cite Dominique Cap, commençons par lui : "L'orgueilleux aimera mieux se perdre que de demander son chemin" (Charles Churchill). En tant que chef de file, Dominique Cap compte de nombreux compagnons de route sur ce point. Il n'y a qu'à voir l'allure altière de ces valeureux partisans de l'élargissement du chemin ainsi alignés pour la photo parue dans la presse locale (voir ci-dessous).
le maire affirmait alors (dès le début 2016) que les travaux d'élargissement étaient devenus la priorité number one de BMO, compte tenu de la dangerosité du chemin. “Pour aller où tu ne sais pas, prends le chemin que tu ne connais pas.” (Julien Delacroix). Or il apparaît à la lecture des rapports de gendarmerie, qu'aucun accident est à déplorer sur cette portion de voie. “Vous cherchez le bonheur, pauvres fous ? Passez votre chemin : le bonheur n'est nulle part.” (Louise Michel). Ce qui en soit expliquerait la frustration de ces messieurs : la quête du bonheur barrée net par des escargots de Quimper, protégés par la loi ! Forcément, ils ne devaient pas savoir que “L'extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires.” (Paulo Coelho). 
Dès lors, le porteur de projet, qui n'est autre que Brest Métropole Océane, s'est trouvé dans le devoir de soumettre un recours à la destruction de zones humides, avec obligation de compensation, devant le SAGE Elorn. Or l'examen du dossier soumis à consultation est révélateur puisque aucun élément irréfutable n'a été présenté. Au contraire, et de façon étonnante, la seule argumentation a été l'existence d'une pétition, dont le texte n'a pas été communiqué. Brest Métropole se contente d'extraits d'articles de journaux (voir ci-dessous) qui d'ailleurs détaillent la façon dont les signatures ont été obtenues en bloquant les usagers du chemin de Kervénal. Brest Métropole surenchérit en décrétant d'ailleurs que les « extraits de la presse locale illustrent les besoins exprimés par les usagers ». Comme norme juridique, c'est loin d'être recevable. “La droiture humaine n'est pas le chemin le plus court pour arriver au but.” (Stanislaw Jercy Lec)


A l'instar de BMO, la municipalité a fait preuve de complaisance en gonflant délibérément les chiffres du trafic routier, arguant dès lors le principe de l'intérêt général, cherchant surement à écourter les délais pour le début des travaux et se passer de mesures environnementales. “Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d'un pas ferme.” (Saint Augustin)
Dans son bon droit, BMO a fini par déposer auprès de la Préfecture du Finistère une demande de dérogation pour destruction d'espèces protégées. Sans grande surprise, le Préfet a donné un avis favorable à cette dérogation par un arrêté publié en janvier 2018. Sur la mise en œuvre et au vu de la façon dont les choses ont précédé cet arrêté, l'association "A quoi ça serre" que je préside, exprime de fortes craintes sur le respect des mesures prévues par le préfet. Les articles posent question dans leur réalisation effective. En effet le Préfet agit comme s'il n'avait pas tenu compte du fait qu'initialement Brest Métropole et Plougastel-Daoulas ont totalement méprisé les règles de droit. Si de nouvelles règles sont édictées sans s'assurer qu'elles seront appliquées, quelle est leur portée si aucun contrôle n'est prévu ? “L'homme cherche à oublier où le chemin conduit. ” ( Héraclite)
"A quoi ça serre" a donc finalement déposé un recours hiérarchique auprès du ministère de l'écologie pour demander purement et simplement l'abandon des travaux d'élargissement du chemin de kervenal, car rien ne viendrait justifier sa disparition et surtout pas pour le bon vouloir de quelques serristes, agacés, qui utilisent quelques gros matériel roulant. Ne pourrait-on pas, comme en présage, les prévenir que “Tout chemin aboutit au même point : la désillusion.” (Oscar Wilde)