Lindouar. A fleur de peau

Lindouar. A fleur de peau

samedi 9 mai 2020

La seconde vague est arrivée

L’image contient peut-être : oiseau, plein air et eauJe suis allé me balader sur la page facebook du "collectif de la Terre à la Mer" qui se positionne pour un accès au littoral à partir du 11 mai. J'ai parcouru assez longuement la page juste suffisamment pour ne pas me noyer dans une cacophonie fourre-tout mais suffisamment pour m'apercevoir de l'inutilité de mon intention. 
C'est dans ces moments là et en dehors de la question du virus, et même s'il est encore viscéralement présent, que je mesure le fossé qui existe entre nos sociétés béates de loisirs et d'actes médiocrement futiles et la priorité qui devrait être la nôtre dans la protection et la préservation de la biodiversité. Rien, strictement rien sur les alertes préconisées notamment par la LPO pour prendre en compte la présence d'oiseaux en période de nidifications.
Je devrais sans doute, quand même, me satisfaire de savoir mes contacts amicaux de facebook profiter d'une belle journée ensoleillée, les savoir aux bords de mer, avec leurs petits pieds pieds dans le l'eau l'eau et se réjouir de cette sensation confuse entre la chaleur du soleil et la fraîcheur de cette eau, mais je n'y arrive plus... je mettrais ça sur le compte de l'assèchement de mon engagement, une marée basse avec un gros coefficient, tellement gros que la mer n'a pas eu assez d'énergie pour remonter.
La seconde vague est arrivée. Un tsunami d'irresponsabilités potentiellement dangereuses, en l'absence d'un principe de précaution bafoué. Je les vois, les maires du littoral se relayer dans les médias et s'offusquer du sort que l'Etat réserve à ceux et celles qui laisseront leur mégots sur les dunes de Ste Marguerite en Landeda. A ceux et celles qui viendront obscurcir le large avec leurs voiles en signe de deuils sur les vagues de la Torche. A ceux et celles qui piétineront l'invisibilité du sort qu'ils réservent aux œufs du gravelot du côté de Saint-Pol-de-Léon. A propos, pensent-ils déjà à ne pas tailler leurs haies à cause d'une autre nidification ?
Car à les entendre, les maires frondeurs ne sont pas des enfants et que le gouvernement devrait les laisser faire ! Ils parviendront à responsabiliser les badauds, affirment-ils ! Ca a du panache tout de même de voir toutes ces files de voitures qui se ramèneront à Treompan. Tous ces fiers bretons remontés comme pas possible face à l'ingérence des jacobins dans leurs grandes affaires ! "Laissez nous récupérer nos parasols et nos barcasses, tribedie !"
Attendons donc les jours prochains. Voyons comment réagiront les 210 000 habitants de Brest Métropole qui eux aussi ont le droit à un accès à la plage du Moulin blanc. Enfin... 209 999 habitants, car personnellement j'irai me confiner dans un champs au dreff pour échapper à tout ça et à un autre virus que je n'ose pas qualifier.
Photo : tournepierre à collier

mercredi 22 avril 2020

Le phare





















A défaut d’apesanteur, le ciel aspirait toute entière une mer orageuse, ne déversant point les traînées de gouttelettes, pourtant soumises habituellement à l’essorage d’averses salines. 
Étrangement limpide, incliné vers le bas pour mieux submerger l’horizon, le plancher dévale jusque sur les versants engloutis de la Cité du Ponant et, n’est certainement pas dispendieux pour avaler ses faubourgs agglutinés alentour, à voir le précipice gris qu’il soumet au vide. Juste, légèrement, de peur peut-être d’embraser une orgie d’embruns, une lamelle durcie par le brasier lumineux.
Ce phénomène de marée céleste, occasionne un stress parmi les algues terrestres, au premier rang desquels les trentepohlia dont les filaments roux grillagent précautionneusement, la plaine adipeuse à son tour bien en peine. Un réflexe de survie non succinct pour ces trebouxia dont le liseré vert lézarde presque le muret gorgé d’algues rouges.
Et puis, surement pour se soulager du souffle d'une nage aérienne, des soucis par centaines, venus mettre un globe scintillant sur cet autel défloré, dont leur seule manigance est de s’accoupler pour enluminer un phare, fort à propos d’ailleurs. Car, il lui en faudra de la vigueur pour que sa lampe larvaire transperce le déluge des ombres des « Hautes Eaux ».
Photo : A. Derrien

lundi 20 avril 2020

Mikaël


A l’orée d’un rassemblement de noctambules ébouriffés, ces aubades forestières se sont boursouflées de patience, dans une horde holistique, surplombée d’un brouillard dense empreint d’une frange de roc. 
Le vent veineux, qui lancine sur l’échine flanquée d’écorces des farfadets de l’Arrée, laisse passer un peigne filandreux à peine perceptible dans l’entrelacs persifleurs, habituels d’une pluie à peine dissipée. C’est plus que cela d’ailleurs. La friche du ciel s’est éventrée grâce aux forceps d’une glissière lumineuse. On le devine bien. La bataille est épineuse avec la carrière d’ardoises décrochée de ses épis tuméfiés.
Mais l’interstice présage d’une apparition éphémère, tant colportée par le commérage antédiluvien des échancrures chevelues, celle du Mont qui a été mille fois outragée par des claques océaniques, soulevant obstinément un œdème tourbeux, craquelé in fine pour les bonnes grâces d’une chapelle.
Et pendant que les derniers espiègles gloussent encore, car récemment gonflés d’une chlorophylle pubère, tout d’un coup, dépossédant les arbres de leur facétie tumultueuse, apparaît subrepticement le faciès de Mikaël. Son sourire en dit long sur sa satisfaction de sanctifier sa demeure, au sein des pierres pieuses, que seul le gris a griffées de gangrènes.

Photo : Alain Derrien



L’image contient peut-être : nuage, ciel, montagne, plein air et nature

La chaise longue

A travers les premières lueurs, éclatées tels des éventails de fraîcheur, la nuit s'agrippe encore à l'embouchure des branches et dans les derniers bas fonds d'hier. elle tente en vain, car périlleuse, d'enclaver de sombre les contours de la chaise longue où une femme s'est posée. 
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la femme ne s'est pas éloignée. Elle a juste jeté sur la chaise longue son manteau de lumière, ou peut-être sa serviette de bain, qu'elle a déshabillée des reflets de mer; si le décor sature de vert, le bleu n'est pas étranger à cette femme. Il dégouline même de la chaise, préférant certainement rester discret, habité par elle. On devine bien d'ailleurs que son corps l'a récemment emprisonnée de toute sa plénitude, dans un nu intégral et une contenance simulée close. 
Pendant qu'une jambe se raidit l'autre forme une échancrure vertigineuse, piégeant dans la brèche la brise qu'elle léchouille par vagues langoureuses. Audacieuse, elle s'effiloche le long du ventre perlé par la chaleur et vient se réfugier sous les seins en forme de ballons jurassiens. Par cet assaut, la poitrine enfle de ressacs étouffés, à tel point qu'elle fissure les premiers lueurs du jour. La bouche n'en peut plus et doit expulser des mots qui l'appelle. Puis, soudain, la rétine se fige, s'illumine, tangue enfin, avant d'exploser les heures qui viennent comme tant de bourgeons mitonnés pour les prochaines lueurs qui éclabousseront à nouveau la chaise longue.
L’image contient peut-être : arbre, plante, ciel, plein air et nature

dimanche 12 avril 2020

Le royaume des choucas

Quel rapport y-a-il entre le week-end de Pâques et le choucas des tours ? Aucun assurément, à part peut-être que "choucas" rime avec "chocolat", ce qui serait,  assurément aussi, tiré un peu par les cheveux. Dans ma recherche d'informations concernant ce corvidé, non concerné par le Covid-19, j'ai trouvé un article grossièrement tiré par les cheveux, intitulé : "les choucas, une espèce protégée qui fait des ravages en Bretagne" https://www.breizh-info.com/2017/08/25/76269/choucas-espece-protegee-ravages-bretagne/

On apprend à la lecture attentive de cet article que, du fait de son statut d'espèce protégée, l'animal deviendrait, réuni en colonie, nuisible dans les bourgs (salissures, nids dans les cheminées, sonorité) et provoquerait des ravages dans les campagnes (monoculture saccagée). On apprend toujours que selon un comptage (réalisé par qui, l'auteur de l'article ne le précise pas), ils seraient 600 000 individus, rien que dans le Finistère (Bretagne Vivante dénombrait 15 000 couples en 2017 sur le département). En essayant d'ignorer l'écart exubérant entre ces chiffres, l'attention doit davantage se porter sur ce qui est de l'ordre de la nuisance, même chez les espèces protégées, comme l'escargot de quimper si contesté à Plougastel-Daoulas.
Profitant de mon heure d'autorisation de sortie, durant cette période de confinement, j'ai constaté que dans le bourg de la commune, en l'absence d'une activité continue, bruyante et polluante des humains (et puisque c'est une activité humaine, elle n'est évidemment pas nuisible), les choucas prennent possession de plus en plus des lieux laissés vacants par les passages (piétons, véhicules,...). Ils se baladent allègrement et à l'air libre, généralement en couple (selon les éthologistes, les choucas ne connaissent pas les divorces). Bien qu'ils suffisent à ma distraction fugace, je les trouve bien narquois tout de même avec ce regard vif et pénétrant, un regard, lancé de travers en ma direction, qui me fait rappeler que le choucas, lui peut se mouvoir selon sa bonne volonté et même vivre plus dangereusement en s'éternisant dans l'espace public, devenu étrangement silencieux. Conquérant, il descend des toits, afin d'explorer des espaces laissés vierges par les passants, étalant son royaume de volatile qui déambule maintenant à sa guise sur notre propre territoire terrestre.
Cette situation nouvelle de cloisonnement me fait rappeler à quel point la liste est longue, illégitimement longue, d'espèces qui, hors la législation ou pas, sont classées comme nuisibles*, par ceux-là mêmes qui créent de fortes nuisances sur l'environnement, notamment les adeptes d'une agriculture intensive, plein champs ou hors-sol, qui sont le plus souvent affiliés à une société de chasse, et soutenus par des politiques partisanes. D'ailleurs, rien qu'évoquer le sujet d'une agriculture pourvoyeuse en produits phytosanitaires, nous ramènerait à la crise sanitaire actuelle qui pourrait s'apparenter comme un facteur aggravant dans la propagation du virus Covid-19 et donc s'orientait vers une première crise écologique majeure. https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/30/coronavirus-la-pollution-de-l-air-est-un-facteur-aggravant-alertent-medecins-et-chercheurs_6034879_3244.html?fbclid=IwAR2qU7abjO_bX23jKfgy6VFQvSxuaOhnKTlMwwfkwDa5wnT7uW5G1prKEZo
Accuser le choucas d'être un élément de saccage et de nuisance pour certaines activités, qualifiées elles-mêmes de dangereuses pour la nature et les populations, démontre bien que, dans une configuration inédite de dépréciation de l'économie libérale dont fait partie intégrante l'agriculture intensive, du fait d'un tassement des écoulements de ses productions lié à la pandémie, le premier péril pour l'humain est l'humain lui-même, à force de ne plus avoir de visions communes.

* Tous les insectes directement visés par des insecticides ou indirectement victimes de leurs usages, étourneau (et autres passereaux empoisonnés par des appâts), renard, escargot de Quimper, sanglier (en dehors d'une prolifération naturelle acceptable, il reste à dénoncer l'introduction de cet animal sur les parcelles privées, pris comme une proie pour le bon plaisir de chasse de certains braconniers. Non maîtrisée, la population qui croît provoque des dommages importants, et peut même s'avérer facteur de désagréments corporels), otarie (Océanopolis les relâche dans la rade de Brest, occasionnant une rivalité avec les pêcheurs notamment sur la ressource en maquereau),...

vendredi 27 mars 2020

Entre la faux et l'enclume

Printemps 2000. Je suis convoqué, en tant que correspondant de presse du Poher Hebdo (journal local carhaisien), à couvrir la visite en Bretagne de Christian Blanc*, à l'invitation de l'Institut de Locarn. En parallèle d'une rencontre entre chefs d'entreprises bretonnes (Glon, Henaff,...) et celui qui, arrivé dans un certain cérémonial fastueux, vient courtiser d'éventuels soutiens pour sa candidature aux élections présidentielles, sa présence cristallise néanmoins une certaine opposition. Cette opposition figure au premier plan de la photo, soit une poignée de militants, pour un certain nombre provenant de la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire, autrement appelée le NPA aujourd'hui). Plus que l'étalage outrancier que suscite le faste de ces hommes qui se congratulent à l'annonce de leurs chiffres d'affaires, je suis toujours resté interpellé par le contraste de cette photo. Mais peut-être plus qu'un contraste, n'avons-nous pas affaire à une vision de deux mondes séparés par un profond fossé sociologique ?
Que nous dit cette photo ? D'abord au premier plan, deux jeunes femmes militantes, anticapitalistes (voir l'autocollant apposé sur leurs blousons), peut-être même des féministes. En arrière de ce plan, un vieux couple d'agriculteurs encore en activité. Les premières manifestent bruyamment (doigts portés à la bouche pour émettre un son) leur mécontentement et leur désaccord à la présence de cet homme politique, tout comme pour éventuellement contester les agissements de l'Institut, décriés dans ses véritables objectifs affichés. Le couple d'agriculteurs, tout confiné à leur tâche, ne semble pas concerné, se contentant de jeter un regard vers la route.
D'un côté, il y a donc une volonté sociale, et même révolutionnaire, d'en découdre avec des représentants du patronat et vouloir bouleverser l'ordre établi. De l'autre une attitude, si elle n'est pas passive, figée dans l'acceptation de sa condition traditionnelle d'une agriculture de labeur, qui ne signifie pas non plus qu'elle est non partisane; les unes se fatiguent à se mobiliser contre un système afin de modifier les caractéristiques oppressives du capitalisme sur le travailleur, les autres à se confondre aux règles dictées par ce même système et qui implique la nécessité de l'alimenter par une dévotion au travail, qui frôle avec l'exploitation sociale que rejette les deux militantes.
Au-delà de jugements de valeurs que je pourrais émettre 20 ans plus tard, et qui est loin d'être mon intention, je soumets tout de même à ma certitude le fait que l'homme du jour, fumeur de gros cigares, a surement eu une forme de dédain pour ces quatre personnes, en quittant le fief des patrons bretons.

*(source wikipédia) Christian Blanc, né le  à Talence (Gironde), est un haut fonctionnaire, chef d'entreprise et homme politique français.
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Il est préfet des Hautes-Pyrénées en 1983 et préfet de Seine-et-Marne en 1985 puis il dirige en 1988 la mission du dialogue en Nouvelle-Calédonie qui se conclut par les accords de Matignon.
Il travaille dans le monde de l'entreprise, dirigeant la RATP de 1989 à 1992Air France de 1993 à 1997 et la banque Merrill Lynch France de 2000 à 2002. Il est également administrateur de Middle East Airlines (1998-1999), de Carrefour, de Capgemini (2004), de la Chancellerie des Universités de Paris (1998-2001), d'Action contre la faim (ACF) et président du Comité de sélection pour le recrutement d'inspecteurs des finances au tour d'extérieur (2000).
Proche de Michel Rocard, et d'Edgard Pisani, il fonde en 2001 le think tank « l’Ami public » et en 2002, le mouvement politique Énergies démocrates (2002-2007). Il est élu député apparenté UDF dans la 3e circonscription des Yvelines à partir de 2002. Il rejoint le groupe parlementaire Nouveau Centre de 2002 à 2008.
Il entre au gouvernement le  comme secrétaire d'État chargé du Développement de la région capitale et travaille sur le Grand Paris. En juin 2010, il est au centre d'une polémique sur des achats de cigares sur des fonds du ministère. Il démissionne du gouvernement le 4 juillet 2010. Il reprend ensuite son siège de député. Après deux mandats de députés, il ne se représente pas une troisième fois.

dimanche 8 mars 2020

Le syndrome de Charlie

Qu'est ce que le "syndrome de Charlie", selon moi ? Le syndrome de Charlie est le fait que les outrageux deviennent outragés. Et si je prends pour exemple les événements douloureux et dramatiques des attentats d'il y a 5 ans contre l'équipe rédactionnelle du journal satirique, c'est bien parce qu'ils sont symptomatiques d'une société qui possède des droits mais qui sont constamment bafoués par l'absence d'une condamnation systématique des attaques injustifiées, commises sur des personnalités qui dénoncent les abus de quelque nature que ce soit et sous la forme qu'ils souhaitent les diffuser. 
Avant les crimes de 2015, les numéros de "Charlie" s'écoulaient à 30 000 exemplaires. Ce n'est pas une injure de soulever que la lecture du journal restait confidentielle. Malgré tout, "Charlie" représente à lui seul ce que le droit permet d'accomplir : droit aux blasphèmes, droit à la liberté d'opinions et d'expressions. Ce droit doit protéger un individu sans qu'il soit inquiété. D'ailleurs le droit prévoit, a contrario, de donner la possibilité à une personne de réagir, ou  à un groupe de personnes, si elle se sent contestée dans sa représentativité ou son action, par une plainte en diffamation ou dénonciation calomnieuse, et dans le seul cas où elle pense que le droit à l'expression sortirait de ce cadre légal. Il convient ensuite à la Justice de se prononcer.
Avec "Charlie" nous sommes bien sur une inversion du droit. Des individus armés ont décidé de passer à l'action criminelle pour la simple raison qu'ils considéraient que "Charlie" avait outragé leur religion et leurs représentants, et se sont attribués un "droit à tuer" au nom d'un dieu dont on ignore l'existence. Or, une doctrine religieuse dans son expression la plus liberticide ne peut pas supplanter les droits acquis pour exprimer ce qui semble être une aberration, qui devient même une menace pour le droit Humain et donc le droit à vivre, sans dangers ni menaces. Cela est, au final, un outrage au droit inné d'exister.
Certains vont s'écrier en disant que le parallèle avec ce que je vis à Plougastel est démesuré. Ils auront raison. Dans la mesure où nous n'avons pas atteint le stade critique de l'ignominie absolue des Indiens d'Amazonie à défendre leur territoire de la déforestation ! Mais ce syndrome de Charlie existe à Plougastel ! Le fait d'être régulièrement invectivé, menacé, même frappé, ne m'empêche absolument pas de dormir. Toutefois, je ressens chez certains individus l'envie d'en découdre et de formaliser leur haine par un passage à tabac (les plus lâches se contenteront de mauvais jeux de mots comme "on n'a qu'à lui couper la tête" entendus chez les proches de Dominique Cap, le maire sortant, ou détérioreront du matériel professionnel dans une indifférence quasi générale). 
Qui sont ces individus ? Constituant un groupe représentant une corporation ou leur soutien, dont on ignore d'ailleurs le pourquoi de leur mécontentement, ils se donnent un droit à polluer ou à empoisonner, à l'inverse des règles environnementales établies, le plus souvent au su et au vu de la population, des acteurs locaux qui ne "dénoncent pas les collègues", des élus et des médias locaux. En définitif ils outragent la nature dans laquelle ils vivent. Nous sommes bien dans un "syndrome de Charlie" quand des personnes, réunies dans une association de la commune, signalent leurs outrages. L'inversion du droit leur étant acquise par le peu de mobilisation (habitants, élus, acteurs locaux, rédactions de la presse quotidienne régionale), c'est votre serviteur qui devient l'homme à décapiter. 
J'avais déjà saisi qu'à Plougastel, en dehors des invectives publiques ("connard" vient en tête suivi de près par "emmerdeur") que la banalisation du passage à l'acte était un droit acquis par une poignée de combattants de l'ombre. J'avais aussi admis que je ne pouvais pas compter sur les journaux locaux pour relayer des propos de retrait de mes droits à l'expression ou de mon droit inné à vivre, tenus par des soutiens à des candidats aux élections municipales. Je tolère décidément moins qu'un de mes enfants soit le témoin de ce droit à m'injurier devant lui, permis par la complicité indécente de tout ce panel d'hypocrites. 
En effet, tout récemment, nous avons franchi une nouvelle étape. Mon fils de 10 ans a été choqué d'entendre dans la bouche d'un récidiviste que j'étais un "connard" et un "enculé", pour la simple raison que je ne suis pas considéré comme "un vrai défenseur de l'environnement". Toutefois, cette nouvelle attaque verbale se fait bien uniquement dans le cadre précis que je suis identifié comme un "emmerdeur d'écolo" et non pas parce que je me serais pris, pour une raison indéterminée, à cet individu (de mémoire, je ne crois pas avoir dénigré le travail de ce monsieur, encore moins proféré des menaces contre sa famille).
Ce nouveau stade de décrépitude du droit à l'expression d'opinions est encore une fois sali par les outrageux. De par ma liberté à user de ce droit, je m'expose déjà à la désapprobation de personnes visées par mes quolibets qui, dans leur bon droit, peuvent faire appel à la loi (dépôt de plainte pour diffamation par exemple). J'accepte pleinement cette règle, même si dans le fond, je ne changerai pas d'avis sur les personnes contestées dans leur action publique. Mais je n'accepterai jamais qu'enfant, quel qu’il soit, puisse subir la bêtise des outrageux.