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dimanche 23 mai 2021

Le municipalisme libertaire, une réponse à l'apathie environnementale

Entre les institutions environnementales subventionnées et donc absentes (Eau et rivières de Bretagne, Bretagne Vivante), les administrations d'Etat supposées juguler la perte de la biodiversité (la DDTM rattachée à la Préfecture), les offices sans moyens (Office française de la biodiversité), les collectivités territoriales trop souvent atones (Communauté urbaine de Brest) voire complices (le cartel de Cap à la mairie de Plougastel), les habitants d'une commune qui seraient les premiers à vouloir se débarrasser de leurs zones humides pour qu'elles deviennent un jackpot, et les pseudo-écologistes que l'on voit essentiellement rassemblés à la Biocoop, et puis EELV qui soutient l'industrie agro-alimentaire sur la région brestoise, il y a peu de gloire, et beaucoup de colères sourdes, à se définir comme sentinelle de l'environnement, surtout si de surcroît il est décrié et bien seul face à la calomnie et aux insultes !

Vue sur l'anse de Lauberlac'h à partir du site en cours de destruction à Talaouron

Ils ont pourtant les capacités à agir et ils ne font rien, ou si peu, chacun campant sur l'utilité futile de leurs missions, de leur parfait conciliabule à s'offusquer de l'extinction de la biodiversité dans l'Arctique ou en Afrique, dont ils s'indignent à chaque vidéo diffusée sur le net, mais s'égarent dans des circonvolutions qui ne font que mettre en exergue leurs faiblesses quand il s'agit de se mobiliser contre la destruction d'espèces protégées dans nos lieux de vie. Car en effet, l'application des lois de protection de la biodiversité devient une coquille vide quand il s'agit d'intervenir à l'échelle locale. Ca ne s'arrête pas là ! Le summum de cette apathie environnementale est même atteint à propos de l'engagement d'une sentinelle de l'environnement et serait cautionné à sa tentation belliqueuse de traficoter les faits ! On ne sait jamais ! Il pourrait élever des vipère péliades et quand l'occasion se présente introduire l'animal venimeux sur un site naturel pour bloquer un projet d'urbanisation ! Et puis pour celles dont il n'arriverait pas à se débarrasser, le commerce de la peau est toujours lucratif ! 

Prenons un exemple concret. Brest Métropole a fait appel à un bureau d'études privé afin de procéder à l'inventaire complet de la faune et de la flore sur un prochain projet de lotissement à Talaouron sur Plougastel. Les écologues, payés par ce donneur d'ordre public, ont conclu qu'ils n'avaient rien décelé de significatif (ils ne vont d'ailleurs pas mordre la main de ceux qui les nourrissent). Alors que nous ne connaissons pas leur méthode de recherches (fréquence et durée des passages ? Les périodes d'hibernation et de procréation ont-elles été prise en compte ?) leur rapport a été consigné dans l'enquête publique, donnant de facto un avis favorable à la construction de 11 nouvelles maisons sur 1 ha. De mon côté, puisque sollicité par des riverains inquiets, je me suis présenté en tant que sentinelle de l'environnement

La vipère péliade
 sur le site et j'ai découvert en à peine 1/4 d'h, dans un talus voué à la destruction, la vipère péliade (espèce protégée puisque menacée). Les photos et les vidéos réalisées ce jour-là ne suffisent pas à les répertorier comme éléments factuels.

Alors je pourrais juste me contenter de remettre en cause un système vérolé qui prouve par lui-même la démonstration de son échec et de sa duplicité tant il peine à intervenir localement, ou s'il y parvenait, il finirait par accorder ses grâces aux investisseurs de tout poil (combien de projets d'extensions de serres ont été retoqués à Plougastel à ce jour ? Aucun). On pourrait se contenter de regarder s'étaler l'urbanisme à partir de la fenêtre de la maison. Ils pourraient se contenter de se croiser dans les médias, de s'auto-satisfaire de leur pétition en ligne et de la réelle portée de celle-ci. Ils pourraient se contenter d'aller à la Biocoop régler leurs courses avec un chéquier du Crédit agricole ou de la BNP Paribas, et oublier l'escargot de Quimper et la vipère péliade. Mais ce ne serait pas très courtois ni très constructif de ma part. S'il y avait un choix à faire, il aurait l'avantage certain d'obliger les habitants d'un village ou d'un hameau à se mobiliser, en conscience et en responsabilité, autour des priorités accordées à leur cadre de vie. Nous n'aurions plus besoin d'institutions environnementales subventionnées ni de sentinelles de l'environnement et encore moins d'élus mafieux ! Les lois établies pour protéger la biodiversité retrouveraient tout leur sens et ne serviraient pas juste d'alibis pour se donner une raison de paraître. Nous aurions alors appliqué certains principes essentiels du municipalisme libertaire. 

samedi 1 mai 2021

Départementales 2021 à Carhaix. Parcours du candidat que je suis

 

Un siège au conseil départemental ?


Quelques points de repères du candidat avant le lancement officiel de la campagne pour les élections départementales à Carhaix (du 20 et 27 juin 2021, avec Douar ha Frankiz)

Parcours politique

  ≥ 1995 : adhérent 12 ans à l’UDB (avec un passage d’1 an à Emgann, mouvement de la gauche indépendantiste)

Faits marquants

            √ Trois élections locales (deux cantonales et une régionale)

 Positionnement politique : hostile aux alliances avec le Parti Socialiste

Départ : l’UDB écrit de belles chartes mais elle ne les applique pas

  2008 : élection municipale à Plougastel-Daoulas avec le Modem (oups !)

  2015 : adhérent au NPA de Brest

  2019 : découverte de la littérature de Murray Bookchin

  2020 : adhérent à Douar ha Frankiz

Pour l’écologie sociale/radicale et

Pour le municipalisme libertaire

Pour une indépendance à l’Etat-Nation

Pour un confédéralisme démocratique

Douar ha Frankiz

Parcours écologique

Création du personnage de dédé l’Abeillaud en 2011

dédé l'Abeillaud

Faits marquants

√ Actions communes avec les apiculteurs pro (FFAP)

en présence d'Alain David, ancien président-fondateur
de la Ffap (vallée du restic, Brest, 2014)

√ Candidature supposée à l’élection présidentielle de 2012 (voir les faits et l’effet sur le net)

√ Intrusions citoyennes pour dénoncer la vente de Round up dans des grandes surfaces de bricolage

√ Co-organisateur de la marche c/ Monsanto à Brest en 2013 puis organisateur des Marches suivantes à Guingamp (2014) et Carhaix (2015)

Marche contre Monsanto (Brest, mai 2013)

Marche contre Monsanto (Guingamp, juin 2014)

Marche contre Monsanto (Carhaix, mai 2015)

Adhérent-fondateur de l’association de protection de l’environnement « A quoi ça serre » à Plougastel-Daoulas (2014)

Faits marquants

√ Condamnation de serristes pollueurs

√ Réunions publiques : gestion de l’eau et assainissement écologique, loi littoral, frelon asiatique

√ Rencontres publiques avec André Bouny (documentaire « Agent orange, une bombe à retardement), To Nga Tran (livre « Ma terre empoisonnée »), Isabelle Attard (livre « Comment je suis devenu anarchiste »)

En compagnie de To Nga Tran (Plougastel-Daoulas, 2017)

Avec Isabelle Attard (Plougastel-Daoulas, 2020)

√ Sentinelle de l’environnement et alerte sur les dégâts liés aux serristes, sur l’abandon de plastique agricole, sur l’assainissement non collectif défectueux et les dépôts sauvages

Et en vrac

Militant anti-nucléaire, quelques actions avec Aïta, faucheur volontaire (occupation de la Cecab, coopérative d’importation de soja OGM), co-président du Comité de soutien breton des faucheurs volontaires, déambulation écolo-estivale à vélo sur le littoral du sud-Finistère pour sensibiliser les touristes aux pollutions marines, collaboration à la revue d’eau et rivières de Bretagne, blogger : https://ddlabeillaud.blogspot.com/ (auteur du livre "Ici c'est l'escargot), copropriétaire du site historique breton de Koad sav Pell à St Aubin du Cormier.

Une action avec Aïta à Sarzeau (2013)

Marche anti-nucléaire (Brennilis, 2013)

Parcours culture bretonne

  Membre, salarié puis président de Dastum Bro Leon (collectage de la matière orale bretonne) à Lesneven : édition de plusieurs ouvrages en langue bretonne (livres-CD, CD) – gestion salariale et administrative – Festival Bro Chelgenn (1998-2005)

 Milieu pro

Permanent kendalc’h Penn ar bed (cercles celtiques) – Carhaix (fin des années 90)

  Animateur culturel à la Falsab (jeux bretons) - Lesneven (2003-2005)

 Parcours associatif/syndical

  Adhérent du comité soutien aux chômeurs du Pays de Morlaix (1995)

A participé aux prémices de la fondation du SLB à Carhaix (autour de 2000)

Adhérent-fondateur « Mignoned Kreiz Breizh » à Carhaix (vers 2000)

Fait marquant

√ A l’initiative de la coordination de soutien aux prisonniers politiques, suite à l’attentat de Quevert (réunion publique avec les épouses des prisonniers en 2000, Egin-Carhaix)

Adhérent de Sud santé puis de Sud asso et adhérent d’Ingalañ (commerce équitable) 2013-2016

Adhérent-fondateur de « Il fait toujours beau à Plougastel » association agro-écologique (2020 )

Parcours commerce équitable / Economie sociale et solidaire

  Adhérent-fondateur d’Ingalañ Bro Brest (2013) : à l’initiative de 2 opérations de transport de marchandises à la voile en Bretagne

  Administrateur de l’Adess de Brest (Association de développement de l'économie sociale et solidaire) puis co-président en charge du développement de Heol (monnaie complémentaire)

 Parcours professionnel/formation

 Faits marquants

            √ Scolarisation en filière agricole au Legta de Suscinio, Morlaix-Ploujean (1986-1992)

√ Formation longue dans l’élevage ovin (1996-1998)projet installation élevage bio en Bretagne

√ Gérant d’une entreprise d’éditions (Edica Breizh 2005-2010) dont des livres : « ar boled mean » de Reun L’Hostis, « Diwan, hiziv » Edipaj, « Ar peñse e Bro Leon » Mikael Madeg + ouvrages sur la peinture en Bretagne (Fañch Michelet-Nicolas "l'art celtique contemporain")



√ Statut d’agriculteur : permaculture avec Nature et Progrès (2016-2018) puis maraîcher AB dans l’Yonne (2019)

√ Etudiant 1ère année LLCER-parcours breton à l’UBO de Brest (2020 )

 





lundi 26 avril 2021

Conflits d'intérêts dans la fonction publique. Alix est-il un pantouflard ?

Après plus de 25 ans versés dans la carrière de chef du pôle "urbanisme et travaux" à Plougastel, Roger Alix s'en est allé à la retraite de la fonction publique en 2019. 25 ans au même poste, c'est une longue carrière, ça laisse le temps de construire de solides relations avec l'ensemble des acteurs de l'urbanisation tout aussi surement qu' avec les élus. A vrai dire, Roger Alix donne l'impression de faire partie de l'équipe off du cartel de Cap, puisque le maire actuel est en poste depuis 20 ans. Ils ont évoulé ensemble et connaissent les mêmes interlocuteurs quand il s'agit de travaux ou d'urbanisme à Plougastel-Daoulas. 

Roger Alix (le premier debout, à gauche)
en compagnie des élus (photo de 2013) 

S'il quitte la fonction publique, le jeune retraité ne cesse pas pour autant ses activités professionnelles et s'aménage une reconversion professionnelle dans le privé. La plus évidente et la plus lucrative reste celle de s'associer à un entrepreneur de l'urbanisation à Plougastel, un lotisseur qui serait en bonne place dans le carnet de contacts du maire actuel pour renifler les bons plans de vente de parcelles sur la commune. Et s'il s'avère que le classement des parcelles pose problème, qu'à cela ne tienne, on modifiera la destination du zonage au Plan Local d'Urbanisme. Les propriétaires n'étant, en plus, pas regardant sur la préservation du bocage et que leurs terrains abriteraient une biodiversité menacée, le mieux étant de les vendre au plus offrant.

Alors se pose tout naturellement, pour toutes les personnes saines d'esprit, la question de savoir si nous ne sommes pas confrontés, avec cet exemple, à un réel conflit d'intérêts. Dans la réforme de la fonction publique débutée en 2018, un chapitre est consacré à la déontologie, qui évoque le principe d'améliorer la transparence et de réduire les conflits d'intérêts chez les fonctionnaires, notamment pour ceux et celles qui partent ensuite dans le privé, on appelle cela le "pantouflage". Que dit le député du Var, Fabien Matras (Lrem), porteur de plusieurs amendements ? "Qu'un (haut) fonctionnaire parte travailler dans le privé, n'est pas un problème en soi. Une difficulté se pose en revanche quand un fonctionnaire rejoint une entreprise qu'il a connue ou avec laquelle il a travaillé quand il était fonctionnaire." (Ouest-France, 30/05/2019)

La déontologie ne semble pas arrêter Roger Alix quand il rejoint le lotisseur qui a déjà bâti sur Plougastel, avec l'accord du maire. L'éventuel pantouflard y trouve même un rôle participatif à le voir s'activer sur un secteur concerné par un prochain lotissement, sur des parcelles de talaouron, situées en périphérie d'une zone "Natura 2000", projet qui pourtant avait obtenu un avis défavorable d'une instance consultative, la MRae (Mission Régionale de l'autorité environnementale). L'ancien responsable de l'urbanisme se sent tellement à l'aise dans son nouveau bleu qu'il a déjà ordonné la destruction des talus bocagers, notamment ceux qui  peuvent abriter une biodiversité menacée (voir photo ci-dessous).

Talaouron, Plougastel. Alix supervise les travaux de saccage

Qu' Alix aille travailler dans le privé pour faire valoir ses compétences, pourquoi pas ? Ca le regarde. Mais qu'il mette en œuvre son réseau de connaissances rassemblées lors de son passage dans la fonction publique communale, pour détruire la nature afin de faire du profit c'est nettement plus condamnable. Alix doit se trouver en ce moment au pays des merveilles. Ca ne va pas durer. 





lundi 1 mars 2021

Quand L'Etat s'attaque aux Libertés Bretonnes

Dans le titre de cet article "Quand l'Etat s'attaque aux Libertés Bretonnes", j'aurais pu ajouter des adverbes comme "encore" et "toujours" tant la liste est longue des mécanismes d'oppressions et d'intimidations des pouvoirs de l'Etat français, sur l'expression, au sens large, des Libertés Bretonnes, d'hier comme aujourd'hui, et qui se revendiquent de l'identité bretonne. il convient de préciser que dans cet article, il faut mettre entre parenthèse ce l'on nomme "la culture bretonne" afin d'éviter de faire croire que l'Etat français est généreusement attentif à ses particularismes régionaux, ce qui au fond alimente plutôt le principe d'une province assimilée. 

La plus emblématique de ces privations de Libertés Bretonnes, et qui n'a pas encore retrouvé son cadre administratif historique, reste la réunification de la Loire-Atlantique. On peut admettre que cette question trouve un certain écho dans la population bretonne, y compris dans le département concerné. Toutefois, le redécoupage des régions voulu par François Hollande va sérieusement ralentir le passage à l'acte, car c'est tout l'Ouest de la France qu'il faudra redessiner. Autant pronostiquer que le pouvoir politique local usera de tout l'arsenal d'Etat à sa disposition : barrage constitutionnel, contestations des chambres consulaires et des assemblées d'élu.es, manifestations de rue, etc etc, pour empêcher ces épousailles bretonnes. 

Plus récemment, en 2017, une famille de Rosporden s'est vue rejeter par l'état civil de Quimper, que figure sur le registre de naissance le ñ tilde de leur fils Fañch. Alors que la cour de cassation a fini par donner gain de cause aux parents de Fañch, la loi française, malgré des promesses récurrentes, interdit toujours le tilde à l'état civil. 

Puis nouveau sujet dans l'actualité toute récente, dans laquelle on apprend que l'Education nationale envisage de réduire le quota d'heures en langue bretonne dans les écoles DIWAN  à compter de la rentrée 2021. L'incompréhension est totale et partagée par les parents, des militants et les jeunes scolarisés, sachant que cette décision du pouvoir administratif aurait au final, une incidence sur les effectifs d'enseignants et sur le contrat pédagogique de l'école laïque et associative que représente Diwan.  

Enfin, pour compléter ce dispositif répressif, déjà politique et administratif, il manquait l'intimidation exercée par les forces de l'ordre à l'encontre de militants indépendantistes. Chose faite lors de la réunion publique organisée par le comité local des Monts d'Arrée de "Douar ha Frankiz", à Brennilis le 27 février 2021 : la gendarmerie photographiait les plaques d'immatriculation des véhicules en stationnement. Si cela ne s'apparente pas à un abus de pouvoir, ça ressemble fort à des prémices de harcèlements policiers que l'on avait déjà fait subir à des militants indépendantistes il y a 20 ans, suite à l'attentat malheureux et condamnable de Quevert. 

Quoiqu'il en soit, il y a de quoi être insurgé, en tout cas c'est ce que je ressens, en tant que citoyen et puis aussi comme adhérent de "Douar ha Frankiz".  Il y a de quoi s'insurger quand on sait que la charte politique du mouvement précise d'emblée que le parti est une "organisation indépendantiste, légale et non violente". Mais surement que mes camarades ont eu le tort de préparer une réunion publique et sans cagoules, le tort d'exister dans un Etat-Nation de plus en plus oppressif contre les libertés humaines, la revendication sociale et écologique, le tort de bousculer le droit à l'expression politique, le tort d'être anti-autoritaires et pacifistes, de condamner toutes formes de violences, et en premier lieu, celle des forces de l'ordre. Il y a de quoi effectivement s'insurger en constatant le traitement orienté et réservé à un parti et à ses militants, par rapport à d'autres partis politiques français, déclarés également comme association de la loi de 1901. Ca ferait de nous des éléments potentiellement menaçants alors que le danger s'exprime ailleurs et autrement. A ce stade, ont-ils vraiment besoin de nous stigmatiser ?

Alors Mesdames et Messieurs les gendarmes, ne vous embêtez pas à prendre en photo ma plaque d'immatriculation la prochaine fois que vous verrez mon AX citroën de 1989, garée à l'occasion d'une réunion de "Douar ha Frankiz", je vous la poste dans cet article afin que vous la téléchargiez dans vos dossiers encore et toujours compromettants.  

Article rédigé à ma seule initiative. Il n'est pas une commande de "Douar ha Frankiz". David Derrien

jeudi 4 février 2021

Bretagne. L'indépendance à l'Etat-Nation

La succession des gouvernements monarchiques de la 5è République Française corrobore ce que beaucoup savent déjà : l'idée suprémaciste de l'Etat-Nation était bien un mythe civilisationnel. Malgré la volonté d'aspirer toutes les forces créatrices et économiques du pays vers un seul point névralgique tel que Paris, couplé à l'acharnement des laïcs sectaires d'annihiler les langues dites "régionales", la graine d'insoumission bretonne n'a jamais cessé de germer dans les landes intérieures et les ports-citadelles. Il faut dorénavant en finir avec cette république, enfantant le  "danger des  souverainismes",  et d'une ribambelle de patriotes, gangrénée par une adminocratie pullulante, sans autre intérêt que de nous étouffer sous l'empilement d'actes endémiques, véritables poisons pour les libertés individuelles. 

Pour autant, il ne suffit pas de dire : "Ca suffit ! Trawalc'h !", l'addiction des territoires, des mentalités et des besoins en assistanat financier, vis à vis de l'Etat-mausolée, supposé "providence", est bien réelle. Autrement dit, le complexe d'infériorité des Bretons s'est camouflé sous un sentiment de supériorité propre aux peuples asservis (être plus français que le français qui n'est autre que jacobin). Un sentiment inscrit depuis fort longtemps dans les comportements linguistiques des Bretons, dont la langue présentait un handicap lourd s'ils voulaient s'assurer d'une avancée sociale à la mode française, généreusement disséminée dans les campagnes. A vrai dire, en parcourant son histoire, la France est bien une Nation à laquelle il est peu recommandé de faire allégeance (la France est une volonté politique et non naturelle).

Mais, à n'en pas douter et de façon objective, le premier réfractaire à l'idée d'émancipation reste bien le Breton lui-même. Alors certainement qu'il présente, de temps à autre, les caractéristiques d'un partenaire tempétueux, mais c'est à l'évidence pour bien faire rappeler que l'Etat en fait trop ou pas assez, en fonction où le vent écologique tourne ! Ce Breton est ravi, se contentant des fanfares et des farandoles folkloriques, octroyées par les chiens de garde de la République, élus à la Région et qui applaudissent aux balcons des Préfets. Il va falloir sacrément ramer et puiser dans les ressources pour parvenir à conscientiser ces populations sur les trois volets qui font que le nouveau mouvement "Douar ha frankiz" existe légitimement : l'indépendance, l'écologie radicale et sociale et le municipalisme libertaire.

Le nouveau visage de l'émancipation libertaire

Comme le rappelait l'un des fondateurs du mouvement, Alan Le Cloarec, l'indépendance bretonne est à considérer comme un droit et/ou comme une caisse à outil idéologique. Il est alors aisé d'accaparer cette orientation politique car très peu teintée de nationalisme, du fait à contrario que la vision libertaire des  militants présente de sérieux atouts pour le contrer, en cas de nécessité. Emile Masson (1869-1923, Breton anarchiste de Brest), fait toujours référence parmi cette nouvelle génération hyper visionnaire.

Effectivement le courant anarchiste reste encore et toujours une confession révolutionnaire, certes utopique, mais bien chevillé dans des politiques intégrales. Ce courant a d'ailleurs pris un sérieux coup de rajeunissement radical, quand Murray Bookchin (1921-2006. Militant libertaire américain) l'a converti à l'écologie sociale, afin que celle-ci s'épanouisse dans une nouvelle organisation politique imaginée par lui : le municipalisme libertaire.

C'est sans regret que la société bretonne libérée et coopérante devra se détourner des mythes des grands destins nationaux. Ils ne sont faits que pour une élite surclassée et inopérante, compatible avec un libéralisme maintenu par de petits pantins actionnaires ou non. Et si l'idée venait à certains de fomenter la création d'un Etat-Nation en Bretagne, il faudra compter sur l'opposition frontale de Bretons insurrectionnels. 


jeudi 28 janvier 2021

Premier bilan municipal de l'écologiste David Moan : "C'est chouette"

Crise de la Covid19 et confinement obligent, à Plougastel le premier conseil municipal différé s'est tenu en juillet 2020. Le renouvellement des élu.es de l'opposition a été significatif, notamment pour l'équipe emmenée par l'ancien militaire et cheville marketing de l'actuelle présidente PS du conseil départemental du Finistère, David Moan (à noter la présence isolée de Stéphane Péron, Lrem). Sur le papier, tout laissait penser que la question écologique et les problématiques environnementales propres à Plougastel seraient au cœur des débats et de prises de positions fermes de ces élus, en partie, prétendus "écologistes". Après quatre conseils municipaux planifiés sur un semestre, leur premier bilan est timide et, à vrai dire, plutôt médiocre. Nonobstant l'opposition feinte en cours de séances, souvent ponctuées d'un : "C'est chouette" de David Moan, on n'a pas grand chose à se mettre sous la griffe... Sachant que ce n'est pas Yvan Lachuer, sensé représenter la délégation de la "transition écologique", placé à ce poste par on ne sait quel miracle de compétence particulière, décernée par le maire Dominique Cap, qui se fera l'ambassadeur du combat contre le dérèglement climatique. 

En tout cas pas avec la seule décision adoptée le 17 décembre 2020 pour l'attribution d'une aide communale aux habitants d'une centaine d'euro pour l'acquisition d'un V.A.E. (Vélo à Assistance Electrique). Quand on sait qu'un vélo électrique coûte en moyenne 1500 euro, que les vélos assemblés en France, le sont avec des pièces détachées en provenance de Chine ou de Taïwan, il est difficile de se ranger derrière l'intervention solennelle de Rémy Jezequel, proche de David Moan, sur le sujet de la transition écologique pour approuver cette aide dérisoire, si jamais elle devait soulager et séduire les plus bas revenus. En même temps, comme dirait David Moan : "C'est quand même chouette."

David Moan, élu de l'opposition à Plougastel

Pas grand chose donc à nous mettre sous la griffe : un vœu unanime afin de comptabiliser la population des choucas dans le Finistère, avant de laisser l'autorisation aux chasseurs pour les dézinguer, et l'approbation de l'implantation d'une seconde aire marine éducative. Déjà que la première aire avait subi le drame d'une mortalité élevée des pétoncles placées dans une poche sur l'estran et aux abords de keraliou, il ne faudrait pas que les coquillages connaissent le même sort à Lauberlac'h avec une qualité de l'eau qui se révèlerait pour le moins douteuse, tout comme à keraliou.

Rien non plus du côté de l'association "A quoi ça serre", malgré des courriels prétendants que l'équipe de David Moan ne manquerait pas de se saisir des dossiers portés par l'association. A croire que l'association dérange, ainsi que ses adhérents, dont de drôle de chouettes !

De plus, le test de réactivité sur l'implantation illégale d'une cabane sur un terrain municipal situé dans le périmètre de la "loi littoral", avec l'accord de la majorité, a démontré un manque d'implication des élus de l'équipe de David Moan. 

Que dire au final de l'absence de réactions sur la situation du sentier côtier à Larmor ? Un sentier devenu particulièrement dangereux du fait d'un éboulement répété au point de passage le plus haut, et que là encore il a fallu l'intervention de l'association "A quoi ça serre" pour recadrer la mairie.

"C'était bien, c'était chouette", chantonnerait David Moan après 6 mois passé comme un élu ordinaire de l'opposition à Dominique Cap. Doit-on attendre mieux par la suite ? Comme David Moan aime à le rappeler avec une certaine impatience, il lui reste 5 ans 1/2, soit plus de 60 mois à hululer pendant les séances du conseil municipal.


samedi 23 janvier 2021

La paresse est la mère du vice-maire de Plougastel

Rédaction : Voltairine

Les dernières élections ont porté des candidats issus des Verts dans de grandes villes comme Lyon ou Strasbourg ; puissent ces candidats oser mettre en place de vraies politiques alternatives et ambitieuses en matière d’environnement …


Il va de soi aujourd’hui que les maires et les équipes municipales peuvent par des vraies politiques innovantes constituer des modèles en matière d’environnement et influencer par l’exemple alors des politiques ambitieuses de plus grande échelle. Hélas lorsque les mandats de maires sont renouvelés plusieurs fois alors même qu’ils ont mené des politiques négligeant jusqu’à présent l’environnement, ils développent la fâcheuse tendance à se considérer au terme de plusieurs mandats comme des hobereaux sur leur terre, libres ou non de travailler pour le bien commun de tous leurs « valets » et à voir dans chaque représentant de l’écologie un saboteur… Pourtant à y regarder de plus près, l’incompétence, et même l’inaction d’une équipe municipale, peuvent causer autant de dommages à la nature qu’au contribuable.
C’est ainsi que récemment, lorsque l’inertie de l’ adjoint de l’équipe municipale d’une commune bretonne, fut mis en cause lors de la découverte d’une décharge sauvage dans un espace littoral remarquable et pointé par la presse, elle a conduit cet adjoint à crier à la « stigmatisation » et à l’acharnement coupable d’écologistes à son égard ; dans une réponse à la presse l’adjoint a rappelé que « le maire dispose d’un pouvoir de police et la métropole est compétente pour la gestion de l’espace public et des déchets ». Juxtaposition habile des deux compétences pour faire endosser par la métropole son indolence alors qu’il s’agit encore d’une preuve de plus des dangers d’une gestion des affaires publiques à la petite semaine, au gré des marées et des vents sans véritable politique de fond (ce qui est inconcevable en matière d’environnement.)
Pourtant au regard de la jurisprudence administrative, ce « genre d’attaque « est tout à fait légitime puisqu’en effectuant des recherches sur ce point il est aisé de prouver que de nombreuses municipalités ont été plusieurs fois mises en cause pour de tels faits :
si les auteurs de l’infraction peuvent en effet voir leur responsabilité civile et pénale engagée (article 1240 à 1244 du code civil) la constatation et poursuite des infractions appartiennent bien à la commune: les agents compétents pour constater les infractions concernant le domaine des déchets sont énumérés en effet par le code de l’environnement (art L 541-44 et article L172-1).
Donc la commune peut par ailleurs voir également sa responsabilité administrative engagée lorsque les efforts mis en œuvre pour limiter de tels agissements sont insuffisants et il ressort de la jurisprudence que la responsabilité des collectivités publiques suit les règles très voisines de la responsabilité civile (parfois mêmes plus favorables à la victime).
Les juridictions administratives ont retenu par exemple pour établir cette responsabilité :
• le non- usage par un maire de ses pouvoirs de police en application de l’article L.2212-2 CGCT : Il s’était borné à faire dresser des procès-verbaux de contraventions sans prendre d’autre mesure, telle que notamment l’édiction d’une mesure d’enlèvement des déchets, de nature à faire cesser les troubles,
• la carence d’un maire à faire respecter le règlement de collecte des déchets ménagers (CE 22 FÉVRIER 2013 N°348284),
- le retard pris par le maire pour prendre les mesures suffisantes ou utiles pour interdire tout dépôt d’ordures sur un terrain municipal (CAA Lyon 23 avril 1998 n°96LY22704),
• la tolérance d’une commune ayant laissé se développer un dépôt sauvage de déchets ménagers qui a entrainé la pollution d’un ruisseau dans une installation de stockage de déchets inertes (CAA Nancy ,4 ème ch., 4 aouts 2005 N°04NC00274).
Il est donc possible d’affirmer résolument que l’incompétence de certaines municipalités met en danger non seulement l’environnement, ce qui est déjà en soi une faute, mais également les finances de la commune puisque si elle devait être condamnée pour inaction les dommages et intérêts versés viendraient grever le budget de la commune sans oublier bien évidemment l’image déplorable affichée par la commune lors de telles affaires (a-t-on vraiment envie d’habiter une commune croulant sous les décharges et les déchets agricoles …).
Pour conclure sur un tel exemple on ne parle donc pas de règlement de compte privé entre des associations et une équipe municipal, mais bien d’une atteinte à l’intérêt général.